Avant la crise que nous traversons, les entreprises connaissaient déjà des changements constants dans leurs politiques managériales et leur stratégie de communication interne. Fusion, changement d’équipe dirigeante, adaptation au marché, à la concurrence, nouvelles législations… autant de sujets qui rythmaient alors la vie des entreprises. Qu’a donc apporté cette crise ? Un bouleversement profond ou une accélération des rancÅ“urs ? Et demain, quelles mutations verront le jour ?
Dans ce contexte et pour répondre à la question « mieux appréhender les enjeux de demain pour l’entreprise »Â et plus particulièrement la question du lien, voici les principaux résultats d’une étude TNS Sofres réalisée pour Chaïkana.
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Ni dupes, ni mobilisés, les salariés perdent confiance
Si la crise actuelle apparaît comme une simple turbulence de plus côté dirigeants – la France connaît depuis les années 70 une succession de crises – les salariés semblent relativiser également. 76% d’entre eux estiment que l’entreprise a peu ou pas vraiment souffert de la crise d’aujourd’hui. Quant à eux, ils se sentent un peu fragilisés (45%), voire pas vraiment concernés (40%).
Cette crise semble alors être souvent présentée comme une justification ou une validation des politiques engagées ou envisagées par le Top Management. Une crise qui agit selon les cas comme révélateur du superflu, amortisseur de mesures difficiles ou accélérateur de changement.
Et les salariés dans tout cela ? Pas tout à fait dupes. 53% d’entre eux pensent, en effet, que les communications des entreprises sont plutôt manipulatrices (contre 47% sincères). D’où des opportunités ratées de remobilisation : 65% des salariés déclarent n’être ni plus fiers, ni moins fiers de leur entreprise. Ils jugent même que la communication interne de leur entreprise depuis le début de la crise a affaibli le lien entre eux et les dirigeants (46% des réponses), ou n’a pas eu d’impact sur ce lien (43%).
Une véritable crise de confiance qui atteint de prime abord les instances dirigeantes et les représentations salariales : 47% des salariés n’ont plutôt pas ou pas du tout confiance dans la direction de l’entreprise et 50% oscillent entre le peu d’intérêt et le peu de confiance dans les syndicats et représentants du personnel. Avec un sentiment, au final pour 72% des salariés que l’ambiance et le climat interne se sont dégradés.
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Le cadre : un salarié comme les autres
Les cadres ne se distinguent pas du reste des salariés. 49% d’entre eux ont trouvé les communications de leur entreprise sur la crise manipulatrices (vs 53% en moyenne). 38% déclarent que ces communications ont affaibli leur sentiment d’appartenance (vs 34%) et 40% qu’elles ont affaibli leur image de leur entreprise (vs 37%). 57% estiment que leur entreprise a pris les bonnes dispositions face à la crise (vs 59%) et 40% qu’elle a été à l’écoute des salariés pendant la crise (vs. 40%). 56% disent que la stratégie leur donne confiance en l’avenir (vs 54%) et 53% qu’elle les motive (nettement plus qu’en moyenne, 42%, mais un niveau néanmoins faible dans l’absolu).
Comment recréer un lien salarié / direction générale ?
Premier constat, les salariés sont en attente de leadership. Ainsi, développer plus de liens avec le responsable hiérarchique direct semble être jugé par les salariés comme essentiel ou important (85%). De même que recevoir davantage d’informations sur la stratégie (essentiel ou important pour 86%) ou développer plus de liens avec l’équipe dirigeante de l’entreprise (essentiel ou important pour 84%).
Une forte attente de liens qui passe avant tout par une préférence à une communication plus directe : 78% des citations en faveur d’une prise de parole, en personne, de dirigeants de l’entreprise… et qui fait l’impasse sur les outils de communication virtuels : 10% d’envois d’emails et articles sur l’Intranet.
Pour recréer cette confiance perdue, les salariés sont en phase avec le « parler vrai ». Il s’agit pour l’entreprise d’être transparente, pédagogue, d’avancer des preuves, de montrer de la conviction et dans le même temps de faire acte d’humilité/d’authenticité de ton, d’être cohérente entre ses dires et ses actes, ainsi que conviviale.
Enfin, force est de constater la mise en avant de l’approche RSE, comme réponse pour créer ou renforcer la fierté d’appartenance, avec pour enjeu d’apporter un sens éthique à l’activité des salariés via l’entreprise.
Dans ce contexte, les fonctions RH et de Communication Interne vont être moteurs. Deux métiers sous tension qui vont devoir intégrer de nouvelles missions de pilotage de l’interne, d’animation, de redéfinition de nouveaux métiers, et vont devoir travailler main dans la main pour reconquérir, mobiliser l’interne en l’accompagnant dans le changement.
Les salariés et le monde du travail : réinventer un nouveau modèle… Des enjeux majeurs pour l’entreprise de demain !
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Réinventer un nouveau modèle ?
Cinq enjeux s’imposent :
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Serge-Henri Saint-Michel
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