Thèse Construire l'Identité et le Corps par l'Eau Glacée. Interactions Transfrontalières Sino-Russe Via un Sport Globalisé. H/F - Doctorat.Gouv.Fr
- Paris - 75
- CDD
- Doctorat.Gouv.Fr
Les missions du poste
Établissement : Université Paris-Saclay GS Sociologie et Science Politique
École doctorale : Sciences Sociales et Humanités
Laboratoire de recherche : Cultures, Environnements, Arctique, Représentations, Climat
Direction de la thèse : Alexandra LAVRILLIER ORCID 000000023373521X
Début de la thèse : 2026-10-01
Date limite de candidature : 2026-05-12T23:59:59
Ce projet de thèse en anthropologie sociale et culturelle propose une enquête ethnographique sur la construction de l'identité et du corps à travers la pratique de la nage en eau glacée à la frontière sino-russe, principalement dans la ville chinoise de Heihe (province du Heilongjiang, Nord de la Chine), sur les rives du fleuve Amour. Il s'inscrit dans une réflexion sur les interactions transfrontalières, les dynamiques géopolitiques contemporaines et l'internationalisation de cette pratique sportive.
L'objectif est de comprendre comment une pratique corporelle extrême, partagée par des nageurs chinois et russes, devient un support de construction identitaire, à la fois individuelle et collective. La recherche interroge notamment le rôle de « l'autre », qu'il soit national, culturel ou genré, dans ces processus : comment se définir par rapport à une autre nation ou à l'autre sexe, et comment se construisent simultanément des logiques de rapprochement et d'exclusion.
Cette pratique sportive, aujourd'hui globalisée, sert également de scène de représentation : les nageurs y mettent en avant leur corps, leur mode de vie et leur appartenance nationale, notamment à travers des performances spectaculaires et médiatisées. L'étude analysera ainsi comment ces mises en scène s'articulent avec la situation géopolitique actuelle, en particulier dans le contexte des relations sino-russes, mais aussi vis à vis de l'Europe.
Le projet s'inscrit dans une démarche épistémologique réflexive, attentive aux rapports de genre sur le terrain comme aux biais et à la position de l'ethnographe. Il interroge aussi la manière dont les populations locales s'inscrivent dans une histoire frontalière complexe, marquée par des récits nationaux parfois divergents, visibles dans l'espace urbain, les musées et les infrastructures reliant les deux rives.
Sur le plan méthodologique, la recherche repose sur une immersion prolongée, rendue possible grâce à l'engagement corporel dans la pratique sportive. Elle s'accompagne d'une réflexion sur les transformations contemporaines de l'ethnographie, notamment via les humanités numériques : continuité entre terrain et hors-terrain, usage des outils numériques (réseaux sociaux, Osint), et expérimentation d'un « blog ethnographique » comme support de diffusion et d'interaction.
Enfin, le projet prend en compte les effets du contexte géopolitique international sur les conditions d'enquête, notamment les relations de confiance envers le chercheur. Il explore ainsi le rôle et la position du jeune anthropologue dans un environnement marqué par des relations politiques dynamiques, tout en mettant en lumière les formes de coopération, de circulation et d'entraide, qui persistent à l'échelle locale et transnationale.
Les études anthropologiques sur les zones transfrontalières sino-russes contemporaines sont extrêmement rares (Hymphrey 2017 ; Billé et Humphrey 2021 ; Lavrillier et al 2018 ; Dumont, Lavrillier et Gabyshev 2024), notamment parce que cette frontière est hermétiquement fermée depuis les années 1960. De premiers rares échanges culturels entre autochtones ont eu lieu dans les années 1990. S'ensuivi un grand essor des échanges transfrontaliers depuis les années 2015-2020. Ces études n'ont jamais pris en compte les échanges sportifs, et en particulier la nage en eau glacée entre des sportifs des deux pays. Les humanités numériques, n'ont pas non plus été appliquées aux études anthropologiques relatives à cette frontière. Tout ceci, ainsi que croisement des approches anthropologiques du sport et des identités avec les relations internationales devraient rendre cette thèse de doctorat remarquablement innovante.Analyser comment une pratique corporelle extrême et spectaculaire, la nage en eau glacée, participe à la construction des identités et des rapports à l'autre dans un contexte transfrontalier sino-russe marqué par des enjeux géopolitiques.
Utilisation des sources historiques (dont la consultations d'archives locales), d'anthropologies aréales, et conceptuelle ; Terrain numérique, et in situ de longue durée, avec les méthodes de l'observation participante, la réalisation d'entretiens semi-directif, et de l'immersion dans cette pratique sportive ; Humanités numériques avec diverses méthodes, dont un blog ethnographique.
Le profil recherché
Le doctorant devra avoir une expertise sur les sujets du présent projet, avoir une solide expérience du terrain de cette frontière sino-russe, et l'expérience requise du sport concerné.
Il devra avoir une formation de Master 2 (au moins) en anthropologie sociale et culturelle.
Il devra faire preuve d'ouverture d'esprit, d'adaptation, et de réactivité.
Il devra faire preuve d'autonomie intellectuelle, tout en sachant entendre les conseils de la directrice de thèse et s'intégrer au collectif des chercheurs et en particulier à celui des doctorants du laboratoire
Il devra avoir la capacité de résoudre des problèmes complexes, de proposer des solutions innovantes ou encore d'établir des protocoles rigoureux, de faire une veille documentaire, d'adapter son discours à un public particulier. Il devra aussi établir un planning sur les années de la thèse pour organiser et équilibrer les périodes de terrain, de veille bibliographique, d'écriture, et de diffusion.