Thèse Etude Translationnelle des Mécanismes de Chronicisation Douloureuse Après Traumatisme H/F - Doctorat.Gouv.Fr
- Montpellier - 34
- CDD
- Doctorat.Gouv.Fr
Les missions du poste
Établissement : Université de Montpellier
École doctorale : Sciences Chimiques et Biologiques pour la Santé
Laboratoire de recherche : INM - Institut des Neurosciences de Montpellier
Direction de la thèse : Cyril RIVAT ORCID 0000000274916113
Début de la thèse : 2026-10-01
Date limite de candidature : 2026-05-11T23:59:59
Selon l'Association internationale pour l'étude de la douleur, la douleur chronique est une douleur qui persiste au-delà de 3 mois. C'est un enjeu majeur de santé publique, puisque cela affecte des millions de patients à travers le monde, impactant aussi bien leur santé physique que mentale, ainsi que leur mode de vie, représentant de ce fait un réel coût pour la société. L'Organisation Mondiale de la Santé sépare les douleurs chroniques en deux catégories : les primaires (maladie à part entière), et les secondaires (conséquence d'une autre maladie), dont une des sous-catégories concerne la douleur chronique post-chirurgicale ou post-traumatique. Malgré les progrès de la prise en charge de la douleur, la prévalence de la douleur chronique secondaire ne diminue pas et reste très élevée (10 à 50% en chirurgie réglée et 30 à 60% en post-traumatique).
Aujourd'hui, l'état actuel des connaissances sur la prédictivité de la douleur chronique secondaire exploite essentiellement des cohortes de patients dans un contexte de prise en charge d'une chirurgie programmée. A ce jour, peu d'études portant sur des patients traumatisés ont cherché à confronter des données biologiques aux données cliniques dans un contexte de prédictivité de douleur chronique post-traumatique. L'implication du système immunitaire est de plus en plus documentée dans les phénomènes de chronicisation dans des modèles animaux de douleur chronique. Comparer les différences des populations de cellules immunitaires selon les trajectoires douloureuses post-traumatiques et mieux comprendre leur rôle dans l'hyperexcitabilité neuronale est nécessaire pour appréhender leur contribution aux processus de sensibilisation.
Depuis 2024, le CHU de Montpellier a mis en place une cohorte et une collection biologique de patients traumatisés. Les autorisations pour la réalisation de cette cohorte et de la collection biologique ont donc déjà été obtenues. Les patients de cette cohorte ont été inclus le jour de leur traumatisme avec des bilans biologiques collectés dès leur entrée en urgence, jusqu'à la fin de leur hospitalisation. Un suivi quotidien post-traumatique a été mené durant l'hospitalisation et à 3 et 6 mois post-traumatique, afin d'étudier la trajectoire douloureuse de ces patients. L'objectif de ce projet de thèse est d'exploiter la collection biologique et les données cliniques des patients de cette cohorte, afin d'étudier la prédictivité de différents facteurs biologiques inflammatoires et immunitaires, sur l'apparition de douleur chronique post-traumatique. Ces facteurs seront explorés à l'aide d'une approche de protéomique non biaisée réalisée à partir d'échantillons sanguins. Les profils obtenus seront comparés entre les patients développant une douleur chronique et ceux en rémission complète. En parallèle, les populations immunitaires circulantes seront caractérisées par cytométrie en flux (FACS) sur cellules sanguines. Sur la base de ces analyses, des approches fonctionnelles in vitro seront développées afin d'évaluer l'impact des facteurs identifiés sur l'activité neuronale et leurs interactions avec les cellules immunitaires. Des systèmes de co-culture associant neurones sensoriels et cellules immunitaires, sélectionnées sur la base des altérations observées chez les patients douloureux, seront mis en place. L'activité neuronale sera analysée par imagerie calcique et électrophysiologie (patch-clamp). Par ailleurs, ce modèle permettra de quantifier les cytokines pro- et anti-inflammatoires par ELISA dans le surnageant des co-cultures. Dans l'ensemble, ce projet devrait apporter des éléments de compréhension des facteurs de risque impliqués dans la chronicisation de la douleur après un traumatisme, avec pour objectif à terme d'agir sur ces facteurs afin de modifier la trajectoire douloureuse des patients traumatisés.
La prise en charge de la douleur chronique constitue un enjeu majeur de santé publique, en raison de sa prévalence élevée et en constante augmentation. En France, plus de 23 millions de personnes en souffrent. Le contexte de la douleur post-traumatique, qu'elle soit programmée ou non programmée, constitue un paradigme pertinent pour l'identification des facteurs de risque de chronicisation de la douleur. Il est désormais nécessaire de recourir à des études translationnelles afin de mieux comprendre les mécanismes impliqués dans la transition entre douleur aiguë et douleur chronique.
Le profil recherché
Master ou diplôme reconnu équivalent Bac +5
Master 2 Neurosciences
Expérience en coordination des études de recherche clinique
Certificat de bonnes pratiques cliniques R3
Compétences en data management
Connaissances sur les interactions neuroimmunes, FACS, dosage ELISA.