Recrutement Doctorat.Gouv.Fr

Thèse Politiques Publiques pour la Transition Alimentaire Sous Contraintes d'Arbitrage Climat Bien-Être Animal et Préférences des Consommateurs H/F - Doctorat.Gouv.Fr

  • Paris - 75
  • CDD
  • Doctorat.Gouv.Fr
Publié le 10 avril 2026
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Les missions du poste

Établissement : Université Paris-Saclay GS Economie & Management École doctorale : Droit, Economie, Management Laboratoire de recherche : PSAE - Paris-Saclay Applied Economics Direction de la thèse : Guy MEUNIER ORCID 000000029052921X Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-05-10T23:59:59 Le développement des systèmes agricoles depuis la seconde moitié du XXe siècle s'est accompagné de pressions croissantes sur l'environnement, la santé et le bien-être animal. En France, l'agriculture représente près de 19 % des émissions nationales de gaz à effet de serre, et près d'un milliard d'animaux terrestres sont abattus chaque année dans des conditions d'élevage majoritairement intensives. Face à ces constats, un large consensus scientifique et citoyen s'est formé sur la nécessité d'une transition alimentaire. Pourtant, les politiques publiques mises en oeuvre demeurent limitées, et les objectifs environnementaux et de bien-être animal ne sont pas toujours spontanément alignés : la substitution actuelle de la viande bovine vers la volaille, favorable au climat par kilogramme de protéine, est défavorable au bien-être animal puisqu'elle implique l'abattage d'un plus grand nombre d'animaux pour une même quantité de viande produite.Cette thèse évalue plusieurs politiques publiques susceptibles d'accompagner la transition alimentaire, selon deux dimensions : leur capacité à atteindre des objectifs environnementaux et éthiques, et les conditions sociales et politiques de leur mise en oeuvre. Le travail se décompose en trois chapitres.

Le premier chapitre étudie la taxation des produits carnés comme instrument de correction conjointe des externalités climatiques et de bien-être animal. Suivant la règle de Tinbergen, deux externalités appelleraient deux instruments distincts ; nous interrogeons empiriquement cette prescription en estimant un système de demande multi-produits sur les données Kantar, désagrégé par espèce et par mode de production (intensif, Label Rouge, bio). Plusieurs scénarios de taxe sont simulés afin d'examiner dans quelle mesure une taxe unique, calibrée sur l'un des deux objectifs, permet d'atteindre conjointement les deux, en évaluant l'efficacité environnementale, les gains de bien-être animal et les effets redistributifs sur les ménages français.

Le deuxième chapitre se place du côté de l'offre en évaluant l'effet causal du relèvement des seuils des Installations Classées pour la Protection de l'Environnement (ICPE) pour les élevages bovins en 2017. À l'aide des données du Réseau d'Information Comptable Agricole (RICA) et d'un estimateur de type difference-in-discontinuities, il mesure si cet allègement réglementaire a modifié la structure des élevages et documente ses conséquences conjointes sur les indicateurs environnementaux et de bien-être animal, selon que la réponse des éleveurs prend la forme d'une intensification ou d'une extensification.

Le troisième chapitre interroge les fondements normatifs de ces politiques en se penchant sur le vote-buy gap : le décalage entre le soutien massif des citoyens au bien-être animal et leur consommation orientée vers l'élevage intensif. Une expérience en ligne, inspirée du cadre méthodologique de Nielsen et Rehbeck (2022), confronte les participants à leurs contradictions entre principes de justice déclarés et choix de consommation, et leur demande comment le décideur public devrait arbitrer dans de telles situations. L'objectif est de déterminer si ce décalage relève d'une erreur corrigible ou d'une divergence assumée entre registre moral et registre marchand, avec des implications directes pour la légitimité des interventions publiques.

Les trois chapitres couvrent ainsi les principales dimensions de la transition alimentaire : un instrument économique côté demande, un levier réglementaire côté offre, et une réflexion sur les préférences susceptibles de fonder l'action publique. La transformation des systèmes agricoles depuis le milieu du XXe siècle s'accompagne de pressions croissantes sur l'environnement, la santé et le bien-être animal. En France, l'agriculture représente environ 19 % des émissions nationales de gaz à effet de serre, et près d'un milliard d'animaux terrestres sont abattus chaque année dans des conditions d'élevage majoritairement intensives. Un large consensus scientifique et citoyen s'est formé sur la nécessité d'une transition agro-écologique, mais les politiques publiques mises en oeuvre demeurent timides et leur conception se heurte à plusieurs difficultés : les objectifs environnementaux et de bien-être animal ne sont pas spontanément alignés (la substitution actuelle du boeuf vers la volaille en est une illustration), l'acceptabilité sociale des instruments est souvent volatile, et les arbitrages normatifs sous-jacents restent peu explicités. Cette thèse s'inscrit dans la littérature économique émergente sur les instruments de transition alimentaire et entend contribuer à la compréhension de ces arbitrages en mobilisant à la fois des données de consommation à haute granularité, des données comptables d'exploitations agricoles, et des dispositifs expérimentaux.

La thèse vise à produire trois contributions principales. (i) Une évaluation chiffrée de l'efficacité comparée de différents scénarios de taxation des produits carnés, calibrés sur les objectifs climatiques, de bien-être animal, ou une combinaison des deux, permettant d'identifier les configurations dans lesquelles les deux objectifs convergent ou s'opposent, et les implications redistributives associées. (ii) Une estimation causale de l'effet du relèvement des seuils ICPE de 2017 sur la structure, l'intensité et les externalités environnementales et animales des élevages bovins français, qui éclairera plus largement la manière dont la contrainte réglementaire oriente les trajectoires d'agrandissement et d'intensification du secteur. (iii) Une caractérisation expérimentale du vote-buy gap en matière de bien-être animal, distinguant ce qui relève d'une erreur cognitive corrigible de ce qui relève d'une dualité assumée des préférences, avec des implications directes pour la légitimité et le design des interventions publiques.

La thèse combine trois approches empiriques distinctes. Le premier chapitre repose sur l'estimation d'un système de demande multi-produits à partir des données de panel de consommation Kantar, suivie de la simulation de plusieurs scénarios de taxation. Le deuxième chapitre exploite une variation réglementaire exogène (le relèvement des seuils ICPE de 2017) à l'aide des données individuelles d'exploitations du RICA et d'un estimateur de type difference-in-discontinuities. Le troisième chapitre repose sur une expérience en ligne menée auprès d'un échantillon représentatif via Prolific, articulant l'élicitation de principes normatifs, la mesure des préférences de consommation et un dispositif de confrontation des participants à leurs propres contradictions.

Le profil recherché

Le ou la candidate devra être titulaire d'un master en économie, avec une formation solide en économie publique, économie de l'environnement ou économie appliquée. Une bonne maîtrise des méthodes quantitatives et économétriques est attendue.

Le projet faisant appel à l'analyse de données microéconomiques et à l'évaluation des politiques publiques, une expérience en traitement de données ainsi qu'une maîtrise d'au moins un logiciel de programmation statistique (Stata, R ou Python) sont attendues.

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