Thèse Jardins Privés et Conservation des Papillons en Milieu Urbain une Approche Socio-Écologique en Île-De-France H/F - Doctorat.Gouv.Fr
- Paris - 75
- CDD
- Doctorat.Gouv.Fr
Les missions du poste
Établissement : Université Paris-Saclay GS Biosphera - Biologie, Société, Ecologie & Environnement, Ressources, Agriculture & Alimentation École doctorale : Sciences du Végétal : du gène à l'écosystème Laboratoire de recherche : Écologie, Société et Évolution Direction de la thèse : Emmanuelle BAUDRY ORCID 0000000229919673 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-04-24T23:59:59 Dans un contexte d'urbanisation croissante, les jardins privés constituent une composante majeure des espaces verts urbains et représentent un levier sous-exploité pour la conservation de la biodiversité. Leur potentiel écologique est toutefois variable et dépend à la fois du contexte paysager et des choix d'aménagement et de gestion des particuliers. Une part croissante des jardiniers se déclare sensible aux enjeux de biodiversité, rendant pertinent la conception d'actions de conservation co-construites, fondées à la fois sur des connaissances écologiques et sur leur acceptabilité sociale.
Ce projet de thèse s'inscrit dans cette perspective, en prenant les papillons comme groupe modèle. Fortement affectés par l'urbanisation, attractifs pour le grand public et présentant une diversité de traits écologiques, les papillons constituent un excellent système pour analyser les mécanismes de filtrage écologique en milieu urbain et tester des mesures de gestion ciblées dans les jardins. Le projet vise à adapter aux jardins privés d'Île-de-France une démarche en trois étapes, inspirée d'un programme sur les papillons mené avec succès dans les parcs urbains de Marseille.
Le premier volet repose sur l'identification d'espèces cibles, sélectionnées, à partir de données de sciences participatives, pour présenter à la fois (i) un déficit en milieu urbain, (ii) une présence régionale hors des villes relativement importante, et (ii) des facteurs écologiques limitants en ville, mais potentiellement solubles à l'échelle des jardins par des mesures de gestion. Le deuxième volet vise à évaluer l'acceptabilité sociale des mesures de gestion envisagées, en combinant des entretiens semi-directifs et une expérience de choix discret, afin de caractériser les motivations, contraintes et compromis des jardiniers. Enfin, le troisième volet consiste à tester, la mise en oeuvre des mesures les plus prometteuses d'un point de vue écologiques et les plus acceptées.
En articulant écologie, sciences sociales et expérimentation en conditions réelles, ce projet vise à produire des recommandations opérationnelles pour la conservation de la biodiversité dans les jardins urbains.
Dans un contexte d'urbanisation croissante, les jardins privés constituent dans de nombreuses villes la principale composante des espaces verts urbains, devant les parcs et autres espaces verts [1,2]. Ils représentent un potentiel important pour la conservation de la biodiversité en ville, à la fois comme refuges pour des espèces sauvages et comme lieux d'interaction entre les citadins et le vivant [3]. Les jardins peuvent fournir des ressources et des habitats à la biodiversité, contribuer à la connectivité des habitats au sein des paysages urbains et avec les milieux naturels périphériques [4], et participer à la fourniture de services écosystémiques.
Cependant, leur capacité d'accueil est très variable et dépend d'une combinaison de facteurs socio-écologiques, notamment le contexte paysager et les caractéristiques propres aux jardins. Ces caractéristiques sont fortement influencées par les choix et pratiques des particuliers [5]. La structure et la composition des jardins, depuis des configurations largement imperméabilisées jusqu'à des espaces dominés par une végétation diversifiée, ainsi que les modalités d'entretien, varient ainsi considérablement et reflètent des objectifs, des niveaux d'implication et des contraintes variables de la part des particuliers [2]. En France, une proportion importante des particuliers considère que l'accueil de la biodiversité sauvage est une des fonctions de leur jardin [6], ce qui constitue une opportunité pour co-construire et déployer des actions de conservation dans ces milieux.
Ce projet de thèse vise à développer une action de ce type, en faveur des papillons, un groupe particulièrement pertinent dans cette perspective : Les papillons figurent parmi les insectes les plus affectés par l'urbanisation [7]. Ils sont en outre attractifs pour le grand public, ce qui facilite la mobilisation des particuliers autour d'objectifs de conservation. Leur observation et, pour de nombreuses espèces, leur identification sont relativement accessibles ; cette combinaison a favorisé la constitution de jeux de données de grande ampleur, souvent issus des sciences participatives, décrivant leur diversité et leur abondance dans des contextes spatio-temporels variés (par exemple, le programme SPIPOLL) [8]. Enfin, les papillons présentent de forts contrastes écologiques entre espèces (capacité de dispersion, mobilité, degré de spécialisation des chenilles vis-à-vis des plantes-hôtes, etc.), ce qui permet de tester explicitement quels aspects du milieu urbain exercent un filtrage écologique, et à quelles étapes du cycle de vie [9]. Cette compréhension est ensuite mobilisable pour concevoir des mesures de gestion ciblées et potentiellement efficaces.
Le principe de ce projet de thèse est d'adapter, pour les jardins individuels d'Île-de-France, une démarche en trois étapes mise en oeuvre avec succès dans le cadre du programme PUP (Parc Urbain des Papillons) à Marseille [10,11] : (i) identifier des espèces cibles pertinentes et des mesures de gestion des jardins qui leur soient favorables (ii) évaluer l'acceptabilité de ces mesures auprès des particuliers, (iii) tester la mise en place des mesures les plus prometteuses dans un panel de jardins individuels.
Les objectifs de la thèse seront de :
- Identifier des espèces cibles pour le projet : elles seront sélectionnées en croisant deux types de critères : des espèces qui présentent un déficit marqué en milieu urbain, malgré une présence en Ile-de-france encore significative hors zones urbanisées, plus l'existence de facteurs limitants écologiques potentiellement solubles à l'échelle des jardins, concernant les plantes-hôtes, les ressources nectarifères ou les pratiques de gestion.
- Évaluer l'acceptabilité sociale des mesures de gestion envisagées en combinant des entretiens semi-directifs, visant à identifier les motivations, représentations et contraintes des jardiniers, avec une expérience de choix discret menée auprès d'un large échantillon de jardiniers, afin de quantifier les compromis entre bénéfices pour la biodiversité, contraintes pratiques, esthétiques et coûts perçus.
- Tester avec un panel de jardiniers volontaires les mesures les plus acceptées et qui semblent les plus prometteuses en termes d'efficacité écologique, afin de tester leur faisabilité et leur acceptabilité a posteriori, et de commencer à quantifier si possible leurs bénéfices écologiques.
Le profil recherché
Profil et compétences recherchés :
- Master en écologie ou discipline proche
- Compétences de base en analyses statistiques avec R
- Intérêt pour les approches interdisciplinaires (écologie et sciences sociales)
- Intérêt pour l'écologie urbaine et l'entomologie
- Gout pour le travail de terrain et le travail participatif
- Goût pour le contact car les interactions avec les jardiniers seront nombreuses !