Thèse Résilience Démographique et Persistance des Populations d'Ectotherme Face aux Réchauffement Climatique H/F - Doctorat.Gouv.Fr
- Rennes - 35
- CDD
- Doctorat.Gouv.Fr
Les missions du poste
Établissement : Université de Rennes 1 École doctorale : École doctorale Écologie, Géosciences, Agronomie et Alimentation Laboratoire de recherche : ECOSYSTEMES, BIODIVERSITE, EVOLUTION Direction de la thèse : Hugo CAYUELA Date limite de candidature : 2026-05-28T00:00:00
Les changements environnementaux globaux, et en particulier le réchauffement climatique, constituent une menace majeure pour la biodiversité mondiale. Les organismes ectothermes, tels que les amphibiens, les reptiles et les poissons, sont particulièrement vulnérables aux variations de température en raison de leur dépendance directe aux conditions thermiques pour réguler leurs fonctions physiologiques. Si les effets de la température sur la physiologie et les performances individuelles sont bien documentés, leurs conséquences démographiques - notamment sur la survie, la reproduction et la croissance des populations - restent encore largement méconnues.
Ce projet de thèse vise à combler ce déficit en intégrant des approches issues de l'écologie thermique, de la démographie et de l'écologie évolutive. Il s'articule autour de trois objectifs principaux. Premièrement, il s'agira d'évaluer comment le mode de thermorégulation (endothermie versus ectothermie) influence les réponses de la survie adulte aux variations de température à différentes échelles taxonomiques. Deuxièmement, le projet examinera comment la température affecte les taux vitaux et les stratégies d'histoire de vie chez les ectothermes, et comment ces effets se traduisent en variations du taux de croissance des populations. Troisièmement, il analysera l'impact de la température sur la résilience démographique des populations, c'est-à-dire leur capacité à résister et à se rétablir après des perturbations.
Pour atteindre ces objectifs, le projet mobilisera des bases de données démographiques à large échelle (notamment la base ECTOLIFE), combinées à des approches statistiques avancées incluant des modèles bayésiens phylogénétiques, des modèles matriciels de population et des analyses démographiques transitoires.
Ce travail permettra d'identifier les mécanismes démographiques par lesquels le changement climatique affecte la persistance des populations, et contribuera à améliorer les prédictions de réponse des espèces face aux changements environnementaux, avec des implications directes pour la conservation de la biodiversité.
Le projet bénéficie de moyens solides :
- Financement doctoral : bourse de thèse financée par l'Université de Rennes
- Financement complémentaire : soutien de l'ANR (~200 000 €) dans le cadre de la Chaire de Professeur Junior du directeur de thèse
- Ressources en données : accès à des bases de données démographiques de grande envergure, notamment la base ECTOLIFE
- Environnement scientifique : encadrement international et collaborations avec plusieurs institutions de premier plan
Comprendre comment le réchauffement climatique affecte la viabilité des populations constitue un enjeu central en écologie évolutive et en biologie de la conservation. Malgré des avancées importantes en écologie thermique, un verrou majeur persiste : le manque d'intégration entre les réponses physiologiques individuelles et leurs conséquences démographiques à l'échelle des populations.
Ce projet s'inscrit à l'interface de ces disciplines en proposant un cadre intégratif permettant de relier variation thermique, taux vitaux et dynamique des populations. Il répond à trois enjeux majeurs. Premièrement, combler un déficit de connaissances sur les déterminants de la survie adulte et des stratégies d'histoire de vie à large échelle taxonomique. Deuxièmement, identifier les mécanismes démographiques expliquant les réponses des populations au réchauffement climatique. Troisièmement, améliorer la prédiction de la résilience et de la persistance des populations face aux perturbations environnementales.
En mobilisant des bases de données inédites et des approches quantitatives avancées, ce projet contribuera à renforcer les capacités prédictives en écologie et à fournir des outils directement mobilisables pour la conservation des espèces.