Recrutement Doctorat.Gouv.Fr

Thèse l'Addiction au Chemsex Mécanismes Psychologiques et Préventifs H/F - Doctorat.Gouv.Fr

  • Rennes - 35
  • CDD
  • Doctorat.Gouv.Fr
Publié le 5 mai 2026
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Les missions du poste

Établissement : Université Rennes 2 École doctorale : École doctorale Education, Langages, Interactions, Cognition, Clinique, Expertise Laboratoire de recherche : Recherches en Psychopathologie et Psychanalyse Direction de la thèse : Pierre BONNY Date limite de candidature : 2026-05-17T00:00:00
Problématique : Les recherches sur le chemsex (usage de substances psychoactives en contexte sexuel chez les HSH) identifient plusieurs facteurs comportementaux et sanitaires associés, mais elles éclairent encore peu les processus psychologiques individuels qui conduisent à l'entrée, au maintien et à la sortie de l'addiction (Benyamina, 2022). Cette recherche devra explorer les processus psychologiques liés à l'addiction au chemsex, dans une perspective de psychopathologie clinique et psychalytique. Trois hypothèses pourront guider le travail doctoral : 1) certaines conduites de chemsex pourraient relever d'un déplacement psychologique du risque, dans un contexte de transformation du rapport au VIH depuis les avancées biomédicales (Bonny, Peoc'h, Moreira-Marcos, 2025) ; 2) ce déplacement pourrait concerner certains sujets en raison de mécanismes psychiques précoces susceptibles de s'actualiser à l'âge adulte ; 3) la mise en mot et l'identification subjective de ces mécanismes pourraient contribuer à des processus de détachement vis-à-vis de l'addiction.
Contexte scientifique et social : Le chemsex est un phénomène en expansion depuis les années 2010 dans les pays occidentaux, principalement observé chez les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH). Certaines pratiques peuvent évoluer vers un trouble de l'usage et s'accompagner de conséquences médico-psycho-sociales importantes : exposition aux infections sexuellement transmissibles (dont VIH et VHC), ruptures relationnelles ou professionnelles, troubles dépressifs, conduites suicidaires ou décès par overdose (Schreck et al., 2020 ; Cessa, 2021 ; Benyamina et al., 2022). On documente ainsi plusieurs dizaines de morts en France depuis le début du phénomène (Cessa, 2021), qui semble en France semble particulièrement avancé à Paris et à Lyon. Actuellement, le système de prévention en santé publique repose à notre connaissance sur les CSAPA et les associations communautaires de prévention des risques liés aux MST (AIDES, ENIPSE).
Méthodologie : La recherche devra reposer sur une méthodologie mixte combinant entretiens cliniques semi-directifs et questionnaires auprès de personnes pratiquant le chemsex et accompagnées dans un dispositif de prévention déjà existant, afin d'inscrire la démarche d'étude en concertation avec les acteurs du soin. Les entretiens permettront d'analyser les trajectoires de consommation, les significations subjectives attribuées aux pratiques et les mécanismes psychologiques impliqués dans l'addiction. Les questionnaires fourniront des données quantitatives permettant de situer ces éléments dans des variables psychologiques et sociales plus larges. Une attention particulière sera portée à l'évolution des participants au cours de la recherche afin d'examiner si l'identification subjective des causes de l'addiction peut favoriser des processus de prévention ou de réduction des risques.
La recherche pourra être menée en trouvant ressource dans les moyens matériels, humains et financiers du laboratoire d'accueil, de l'école doctorale - et du terrain pour les deux premiers aspects. Sur le plan matériel, la recherche ne nécessite pas d'équipement technique spécifique. Elle reposera principalement sur des outils d'enquête qualitatifs et quantitatifs : enregistrements audio d'entretiens cliniques (avec matériel d'enregistrement sécurisé), logiciels de traitement et d'analyse de données qualitatives et statistiques, ainsi que sur les ressources documentaires et les bases de données bibliographiques accessibles via les bibliothèques universitaires (principalement PubMed, PsycInfo, Cairn). Sur le plan humain, le projet s'appuiera sur l'encadrement doctoral assuré par le directeur de thèse et sur l'environnement scientifique du laboratoire (salle et ordinateurs des doctorants, séminaire des doctorants, journées d'étude et colloque de l'UR, liens organisationnels avec la cellule recherche, etc.). Sur le volet de la méthodologie quantitative, J.-C. David (MCF, UR LP3C) interviendra en appui. La recherche impliquera également une collaboration avec une ou des structures partenaires intervenant dans la prévention et l'accompagnement des personnes concernées par le chemsex (CSAPA et/ou associations communautaires de réduction des risques), afin d'inscrire l'étude dans un cadre éthique et clinique adapté et utile pour la société. Sur le plan financier, le projet nécessite principalement un financement doctoral (CDE) permettant la réalisation de la thèse. Les coûts spécifiques du projet demeurent limités et concernent essentiellement les déplacements liés au terrain d'enquête, la transcription des entretiens, l'accès éventuel à certains logiciels d'analyse (déjà présents dans l'UR ou à commander) et la participation à des manifestations scientifiques (colloques, journées d'étude) nécessaires à la diffusion des résultats. Ces dépenses pourront être prises en charge après étude par le conseil de site, ou par des appels à projets dédiés à la recherche doctorale.

Éclairer les processus psychologiques impliqués dans l'entrée, le maintien et les éventuelles sorties de l'addiction au chemsex, phénomène aujourd'hui identifié comme un enjeu de santé publique dans plusieurs métropoles. En effet, les recherches existantes ont largement documenté les dimensions comportementales, épidémiologiques et sanitaires de ces pratiques, mais les déterminants psychiques individuels sont encore insuffisamment étudiés. En proposant une approche de psychopathologie clinique, il s'agit de combler ce manque dans la littérature, en analysant les significations subjectives des conduites de chemsex et les mécanismes psychiques sous-jacents. Mieux comprendre les dynamiques psychologiques qui peuvent conduire certains sujets à investir ces pratiques, dans un contexte de transformation du rapport au risque lié au VIH depuis les avancées biomédicales récentes. L'hypothèse d'un déplacement du rapport au risque, susceptible de s'articuler à des mécanismes psychiques précoces (liés à des trauma) réactivés à l'âge adulte (en fonction des événements de vie et de la transformation du contexte sanitaire et préventif), apporte un éclairage nouveau sur ces conduites addictives, en les situant à l'articulation entre transformations socio-sanitaires contemporaines et histoire subjective des HSH. Mieux identifier les facteurs favorisant la prévention, la réduction des risques ou le désengagement de l'addiction. L'hypothèse selon laquelle la mise en mots et l'élaboration subjective des déterminants psychiques de la conduite pourraient participer à des processus de détachement vis-à-vis de l'addiction ouvre des perspectives pour l'accompagnement clinique des personnes concernées. Renforcer le dialogue entre recherche clinique, dispositifs de prévention et acteurs du soin, en s'inscrivant dans des partenariats avec les structures déjà impliquées dans la prise en charge des usagers (CSAPA et/ou associations communautaires) . À ce titre, il pourrait contribuer à enrichir les approches actuelles du chemsex en articulant les données issues de la santé publique avec une compréhension plus fine des logiques subjectives à l'oeuvre dans ces pratiques.

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