Thèse Chronostratigraphie Intégrée des Dépôts Sédimentaires et des Vestiges Archéologiques du Littoral Breton Interactions Environnement-Sociétés au Quaternaire H/F - Doctorat.Gouv.Fr
- Rennes - 35
- CDD
- Doctorat.Gouv.Fr
Les missions du poste
Établissement : Université de Rennes 1 École doctorale : École doctorale Écologie, Géosciences, Agronomie et Alimentation Laboratoire de recherche : GEOSCIENCES RENNES Direction de la thèse : Guillaume GUERIN Date limite de candidature : 2026-05-28T00:00:00
Le projet de thèse vise à étudier les dépôts sédimentaires du littoral breton, datés du Pléistocène, qui renferment des artefacts préhistoriques et des archives climato-environnementales. Ces accumulations, menacées par l'érosion côtière, offrent un potentiel unique pour reconstruire les paléoenvironnements et les interactions entre sociétés et milieux durant le Quaternaire. L'approche pluridisciplinaire combinera des datations par luminescence (OSL, IRSL) et des analyses sédimentologiques pour établir un cadre chronostratigraphique précis, reconstruire les paysages anciens et analyser les variations du niveau marin. Une collaboration avec des archéologues permettra de croiser ces données avec les vestiges matériels. Des analyses complémentaires (paléoclimat, sondages archéologiques) pourront être menées. Les résultats seront diffusés via des publications scientifiques et des conférences
La plate-forme de datation par luminescence par OSL RenDal, hébergée à Géosciences Rennes, sera disponible. Le matériel nécessaire à la conduite de mission de terrain et d'échantillonnage (voiture, échantillonnage) est disponible à Géosciences Rennes. Enfin, le lecteur de luminescence portable nouvellement acquis permettra d'affiner les corrélations stratigraphiques, voire de fournir des proxies paléoclimatiques (Mendes et al., 2024). Le littoral breton expose d'épaisses accumulations de sédiments meubles (2 à 30 m), composées de conglomérats, de sables et d'argiles (Laforge & Huet, 2013). Leur attribution au Pléistocène repose sur un nombre limité de datations numériques, complétées par des indices archéologiques (Bahain et al., 2012 ; Van Vliet Lanoë et al., 2021). Ils renferment en effet des artefacts lithiques préhistoriques, témoignant d'une occupation humaine ancienne sur ce territoire (Monnier, 1988 ; Pailler et al., 2023). Au-delà de leur intérêt archéologique, ces formations sédimentaires constituent des archives climato-environnementales, permettant (1) la reconstruction des paléoenvironnements et des paysages passés, et (2) l'analyse des proxys climatiques (indicateurs des climats anciens), et ce dans un contexte de fluctuations glaciaires-interglaciaires. Ces archives offrent ainsi un double éclairage, à la fois sur les sociétés du passé et sur les milieux dans lesquels ces sociétés ont évolué. Toutefois, leur exploitation se heurte à deux limites majeures : d'une part, la rareté des datations numériques rend difficile l'établissement d'un cadre chronostratigraphique robuste ; d'autre part, l'absence de données sédimentologiques actualisées entrave toute tentative de reconstruction fiable des paléoenvironnements. Enfin, ces archives sédimentaires côtières sont aujourd'hui menacées par l'érosion côtière, qui accélère leur disparition ainsi que les informations environnementales et archéologiques qu'elles renferment (Stephan et al., 2019). L'objectif de ce projet de thèse sera donc de mettre en oeuvre une approche pluridisciplinaire, visant à (1) établir un cadre chronostratigraphique précis pour ces formations sédimentaires, (2) reconstruire les paléoenvironnements, les paysages associés ainsi que les variations eustatiques et (3) préciser les dynamiques humaines qui y sont associées. Pour cela, plusieurs axes méthodologiques seront développés :
Datations numériques par luminescence (OSL, IRSL, post-IR IRSL), réalisées sur la plateforme RenDal de Géosciences Rennes, afin de contraindre les âges des dépôts (supervision : G. Guérin). Le cas échéant, des datations radiocarbones (14C), et par nucléides cosmogéniques (TCL), externalisées, pourront être réalisées. Études sédimentologiques et géomorphologiques approfondies, destinées à reconstruire les paléoenvironnements et paléopaysages (faciès, stratigraphie, minéralogie, provenance, etc.), et de proposer des interprétations en termes de variations des niveaux marins (supervision : P. Dietrich). Collaboration étroite avec les archéologues, notamment dans le cadre du Projet Collectif de Recherche « Paléolithique de Bretagne » (dir. Y. Chantreau), pour croiser les données sédimentaires avec les vestiges matériels et affiner les interprétations socio-environnementales (par ex. Boemke et al., 2023).
Selon le temps disponible et les affinités du.de la candidat·e, des analyses complémentaires pourront être menées. Ainsi par exemple, il serait envisageable de procéder : - à des reconstitutions paléoclimatiques (proxys de précipitations, températures, etc.) en mobilisant différents types d'analyses : minéralogique (transition goethite/hématite), géochimique (étude du 13C et 18O), physique (profils de luminescence in situ ). - à des sondages archéologiques ponctuels pour développer l'étude des interactions hommes-milieux. - des corrélations avec des séries sédimentaires similaires et bien caractérisées, par ex. dans le nord de la France ou en Allemagne (par ex. Moine et al., 2014 ; Prud'homme et al., 2021 ; Lehmkuhl et al., 2021). Ces reconstructions paléoenvironnementales seront intégrées dans une vision holistique et transdisciplinaire, permettant d'éclairer les interactions entre environnements et sociétés au cours du Quaternaire en Bretagne, et l'évolution de l'habitabilité de la région lors des alternances glaciaires-interglaciaires.