Thèse les Pratiques Culturelles des Identités Sud-Africaines Atlantis Cité Métisse Engloutie H/F - Doctorat.Gouv.Fr
- Le Mans - 72
- CDD
- Doctorat.Gouv.Fr
Les missions du poste
Établissement : Le Mans Université École doctorale : École doctorale Arts, Lettres, Langues Laboratoire de recherche : LABORATOIRE LANGUES, LITTÉRATURES, LINGUISTIQUE DES UNIVERSITÉS D'ANGERS ET DU MAINE Direction de la thèse : Ludmila OMMUNDSEN PESSOA Date limite de candidature : 2026-06-06T00:00:00 Territoire singulier dans la géographie stratégique de l'empire britannique, l'Afrique du Sud est membre fondateur du Commonwealth et a rejoint le Brésil, Russie, Inde et Chine pour former le club des BRICS en 2011. Cette présence sur la scène mondiale de la nation « Arc-en-Ciel » ne parvient pourtant pas à faire oublier une histoire singulière marquée par l'enjeu d'ethnicité. Celui-ci est au coeur du présent projet de contrat doctoral qui a pour objet l'étude la ville d'Atlantis dans la province du Cap occidental (Western Cape) en Afrique du Sud. Il a pour ambition de contribuer à revaloriser une histoire, un espace et ses populations en éclairant des territoires entiers de l'Afrique du Sud longtemps marginalisés. En effet les personnes catégorisées comme métisses (Coloured') pendant la période ségrégationniste de l'apartheid (1948-1990) ont été l'objet de nombreuses discriminations dont les plaies sont encore vives et dont l'étude, 30 ans après l'avènement de la démocratie, reste très parcellaire. Cette période, toujours visible dans l'armature urbaine et les structures sociales, a notamment utilisé la ville comme un outil d'assignation à résidence socio-spatiale et identitaire.
Un contexte socio-politique tendu
Depuis les premières élections démocratiques de 1994, la production d'une nouvelle histoire de la « nation arc-en-ciel » s'est focalisée sur la lutte anti-apartheid et s'est développée autour de la figure emblématique de Nelson Mandela et de ses compagnons de l'African National Congress (ANC). Or, « la production d'une nouvelle culture nationale ne va pas sans difficulté et les tensions sont nombreuses dans cette course à la production d'une nouvelle histoire de la nouvelle Afrique du Sud » (Fouchard 2010, 75). Celles-ci sont d'autant plus perceptibles dans la province du Cap occidental, siège du Parlement, car la nouvelle histoire de l'Afrique du Sud libre y a commencé avec la défaite tragique de l'ANC face au Parti National (National Party) de l'apartheid. C'est encore aujourd'hui la seule province que l'ANC n'a jamais réussi à conquérir. Ces tensions se nouent sur fond de luttes de pouvoir à forte coloration ethnique (Potgieter 2017, 16), les Métis continuant de placer le racisme à leur égard en première place dans la liste des barrières à la réconciliation nationale (Lefko-Everett 2023, 31). Si ces derniers sont majoritaires dans la province, 42% de la population, ils plafonnent à 8,2% à l'échelle nationale (recensement 2022). Ces tensions se nouent aussi sur fond de déclin de l'ANC : tenu responsable de ce qui est défini comme l'émergence d'un post-apartheid apartheid', l'apartheid des classes (Bond 2004), le plus vieux parti d'Afrique du Sud a dû s'allier avec ses principaux rivaux pour se maintenir au pouvoir à la suite des résultats des dernières élections de mai 2024. Le contexte actuel de crise socio-politique aiguë est plus que jamais propice à la récupération du culturel.
Le fait urbain, révélateur identitaire
Les villes d'Atlantis et de Mitchells Plain, situées dans la province du Cap occidental et faisant partie de la municipalité métropolitaine de la ville du Cap, ont été créées dans les années 1970 pour y relocaliser les communautés Coloured' (« métisses ») qui constituaient alors 50% de la population de la région d'après le recensement de 1970 (contre 9,4% dans tout le pays). Comme beaucoup d'autres agglomérations, Atlantis et Mitchells Plain sont nées du Group Areas Act (1950). Cette loi charnière du régime ségrégationniste de l'apartheid (1948-1990) obligeait les personnes prédéfinies selon des critères dits « raciaux » du Population Registration Act (1950) et subséquemment officiellement identifiées comme métisse, africaine/bantoue, européenne/blanche ou asiatique, à résider dans des zones géographiques déterminées. Le mouvement et la ségrégation des populations africaines/bantoues étant déjà régis et contrôlés par plusieurs lois, dont certaines promulguées bien avant la victoire du Parti National ( National Party ) aux élections de 1948, le Group Areas Act visait plus particulièrement les communautés métisses et indiennes (Western 1981, 73), étape supplémentaire vers une consolidation du pouvoir de la minorité européenne/blanche.
Dans la région du Cap, l'aménagement des zones ethniques a commencé au tournant des années 1950-1960. Il s'appuyait, entre autres, sur les considérations du rapport de l'ingénieur général de la ville Solly Morris Toward a New Horizon - a preliminary approach to the problem of urban rehabilitation in Cape Town' (1962). La construction d'Atlantis a débuté en 1975 sur des dunes de sable, un an après celle de Mitchells Plain. Les deux constructions répondaient à des objectifs différents : Atlantis devait être une ville industrielle modèle (Ebrahim 1986) tandis que Mitchells Plain ambitionnait d'être une banlieue-jardin modèle (Ommundsen Pessoa, 2023). Prévues respectivement pour loger entre 250 000 et 450 000 habitants, la première devait absorber le surplus de main d'oeuvre métisse qui ne pouvait plus compter rester au Cap, et la seconde devait permettre l'accès à la propriété à une large échelle à des métis aux revenus modérés, selon les aspirations optimistes de l'époque. Ces objectifs se sont révélés utopiques dès la fin des années 1970. Les deux villes étaient trop éloignées du Cap, qui restait le coeur économique de la région. La situation s'est dégradée avec l'insatisfaction générée par les faiblesses structurelles locales, la multiplication des contestations politiques à l'intérieur du pays et la crise économique induite par les sanctions internationales.
Comprendre la fabrique des espaces métis
De nos jours, Atlantis et Mitchells Plain souffrent de maux identiques et identitaires. L'insécurité, le chômage (40 % de chômage en moyenne), la violence, et la drogue font la une des journaux et s'incarnent dans la figure « anti-mythique » du gangster métis, médiatisée dans de nombreux films (Jacobs 2018). Mitchells Plain est en cours de réhabilitation culturelle depuis l'inauguration, en 2011, d'un monument à la gloire de United Democratic Front (Ommundsen Pessoa & Le Roux 2012, Ommundsen Pessoa 2023). Il n'en est pas de même pour sa « ville jumelle modèle » qui a cumulé des plans successifs de redynamisation, à coups de perfusions financières étatiques. Atlantis parie maintenant sur une « renaissance verte » : en 2018, elle a obtenu le statut de Special Economics Zone (ASEZ ), la première dédiée aux technologies vertes en Afrique du Sud.
Ce projet propose de reconstituer et de comprendre la fabrique socio-spatiale d'Atlantis à travers un angle particulier : celui de l'évolution de la place des loisirs (espaces et pratiques culturels) dans et pour la ville, depuis sa création pendant l'apartheid à sa « renaissance verte » actuelle. Choisir de s'intéresser aux loisirs relève d'un choix théorique et méthodologique : plutôt que de s'intéresser à l'homo faber , interroger l' homo ludens permet de comprendre comment l'individu et ce qu'il considère comme ses alter-égo, créent, incorporent leur histoire, leurs corps dans un territoire considéré comme digne d'expression formelle ou informelle (Deschenes, 2007). Si les individus se définissent par leurs obligations familiales et professionnelles, ils se définissent également par les loisirs, sites de liberté et/ou de contraintes, qui selon Rojek (2010, 189), forment une « école de la vie » où il s'agit de maintenir et d'améliorer la compétence, la pertinence et la crédibilité. Dans le contexte sud-africain, le sport a occupé une place de premier plan dans la représentation de l'identité collective et l'expression des clivages ethniques et raciaux pendant l'apartheid. La musique a joué un rôle non négligeable dans la mobilisation des jeunes générations et leur adhésion à la lutte de libération. Pour des raisons aussi politiques que culturelles, le pays n'a adopté la télévision qu'en janvier 1976, date tardive par rapport à d'autres pays technologiquement avancés. En 1989, un an avant la sortie de prison de Nelson Mandela, l'activiste et ancien juge de la Cour constitutionnelle Albie Sachs critiquait une culture politique et uniformisée de laquelle il exhortait à s'extirper pour « se préparer à la liberté » (1991, 187) De nos jours, associée à la consommation croissante de drogues, la réorganisation des activités et des loisirs traditionnels par le biais des technologies de l'information et de l'internet s'effectue sur fond d'érosion de confiance en la démocratie, de défiance croissante envers le politique, voire de désengagement juridique (Potgieter 2017). Divertissement de l'esprit, conduite à risques (Le Breton 2002) ou mise au défi ?Le propos sera donc de 1) comprendre la trajectoire socio-spatiale urbaine d'Atlantis et 2) montrer comment la mise en scène culturelle d'un vivre ensemble participe à créer une échappatoire à la question politique ethnique jamais résolue et pourtant au coeur du projet urbain d'une nation métissée mais fragmentée. Au final, il s'agira d'interroger la projection sociale du politique sur les territoires à travers les pratiques en apparence ordinaires que sont les festivals, les activités communautaires supposées célébrer un « vivre ensemble ». Ce dernier, toujours en tension s'inscrit dans une multitude d'échelles sociales dont il s'agira de comprendre les emboîtements, de la cellule familiale à l'idée de Nation en passant par la question de l'identité métisse. Cette perspective s'appuiera en particulier sur un groupe de personnes appartenant à des « familles pionnières », celles qui y ont occupé les premiers lots mis à disposition par les autorités et qui résident encore à Atlantis, groupe qu'il s'agira de repérer et constituer. Grâce à une enquête qualitative, seront examinés les loisirs de la première « born-free generation », personnes nées après 1994, et ceux de la génération précédente. Quels espaces culturels et quelles pratiques culturelles ont émergé ou disparu au cours de la vie d'Atlantis ? Dans quels contextes ? Comment est-on métis aujourd'hui dans des espaces crées par et pour l'exclusion ? Comment l'Individuel, le collectif, le social et le politique se croisent-ils dans les situations ?
Bibliographie sommaire - Balandier, Georges. Le pouvoir sur scènes , Paris, Ed. Balland, 1992. - Blackshaw, Tony, ed. Routledge Handbook of Leisure Studies , London, Routledge, 2013. - Bond Patrick, From Racial to Class Apartheid: South Africa's Frustrating Decade of Freedom', Monthly Review , vol. 55, n°10, March 2004, pp. 45-59. - Chari, Sharad, Apartheid Remains , Durham, Duke University press Books, 2024. - Deschênes, Gervais, Le loisir : une quête de sens. Essai de théologie pratique , Presses de l'Université de Laval, 2007. - Dodson, Belinda. Are We Having Fun Yet? Leisure and Consumption in the Postapartheid City', Tijdschrift voor economische en sociale geografie 91.4, 2000, pp. 412-425. - Ebrahim, M., Roberts, B., Ruiters, A., & Solomons, R., Atlantis, a utopian nightmare', working paper n°66, South African Labour and Development Research Unit, 1986. - Fouchard, Laurent, "«Post-colonial studies» et historiographie de l'Afrique du Sud", Raison présente 175.1, 2010, pp. 69-77. - Gordon, Colin, P atchwork Apartheid: Private Restriction, Racial Segregation, and Urban Inequality, Londres : Fisrt edition, 2023. - Goudie, Simon Charles. Towards a geography of leisure: control, resistance and transformation within the South African city , Master of Arts in the Department of Environmental and Geographical Science University of Cape Town Sept 1992, 1993. - Jacobs Sean, Daryne Joshua, dir. Call Me Thief [Noem My Skollie] ', The American Historical Review, Volume 123, Issue 2, April 2018, pp. 534-536. - Lefko-Everett, Kate. « South African Reconciliation Barometer Survey: 2023 Report, Cape Town: Institute for Justice and Reconciliation , 2023, https://www.ijr.org.za/portfolio-items/south-african-reconciliation-barometers-survey-2023-report/. - Mabin Denis S. 1977. City of Cape Town, Mitchells Plain. A Paper Delivered by DS Mabin, Assistant City Engineer (Housing) at the Conference of the Institute of Housing Management, Durban, September 1977. - Morris, Solomon (Solly) Morris, Toward a New Horizon - a preliminary approach to the problem of urban rehabilitation in Cape Town', June 1962, Archives of the Western, 1/1/1/135 (June 1962 to Aug 1962) Nel, E. L., and A. Meston. Transforming Atlantis, South Africa, through Local Economic Development. GeoJournal , vol. 39, no. 1, 1996, pp. 89-96. - Ommundsen Pessoa, Ludmila, and Marlene Le Roux. Mitchell's Plain, A Place in the Sun. The Story of Mitchell's Plain as Told by its People (1974- 2011), Cape Town, Mikateko, 2012. - Ommundsen Pessoa, Ludmila. Welcome to Mitchell's Plain : Filming a Model Township' during Apartheid , coll. Africae, IFAS Nairobi, Johannesburg, Paris, 2023. - Potgieter, Elnari. " South African Reconciliation Barometer Survey 2017 Report." Cape Town: Institute for Justice and Reconciliation , 2017. - - Rojek, Chris. The Labour of Leisure: the Culture of Free time , London, Sage, 2010. - Sachs, Albie. "Preparing Ourselves for Freedom: culture and the ANC constitutional guidelines." TDR (1988-) 35.1, 1991, pp. 187-193. - Smith, David M. Living under Apartheid : aspects of urbanization and social change in South Africa , Londres, Routledge, 1982. - Stafford, C. Apartheid Atlantis: A planned city in a racist society . Unpublished honors thesis, Stanford University, Stanford, California, America retrieved: August, 2005, vol. 13, p. 2015.Western, John Charles. Outcast Cape Town . London, Allen & Unwin, 1981. MOTS CLÉS (5) : Afrique du Sud, Ethnicité, Géographie culturelle, Histoire, Minorités. Calendrier sur 3 ans Ce calendrier est bien sûr flexible. Il constitue un repère utile, mais peut varier en fonction des besoins spécifiques du projet de recherche et des contraintes individuelles. Il devra doit être actualisé régulièrement, en tenant compte des éventuels imprévus Année 1 : - Analyse du corpus et lectures critiques : stabilisation de la bibliographie secondaire ; élaboration de la bibliographie et du plan ; - Définition de la problématique et des hypothèses de recherche ; - Familiarisation avec le terrain de recherche : réalisation d'observations (séjour recherche), collecte et analyse des premières données (questionnaires, entretiens préliminaires) identification des premières tendances/motifs ; - Élaboration du cadre théorique.
Année 2 :
- Approfondissement des parties théoriques et affinement de la méthodologie de recherche ; - Réalisation d'observations complémentaires sur le terrain (séjour recherche) : collecte et analyse approfondie de données supplémentaires (consultation d'archives, observations, entretiens compréhensifs) ; - Rédaction des chapitres sur les parties théoriques et les résultats préliminaires ; - Préparation d'une présentation préliminaire des résultats à des collègues ou des experts du domaine (journée d'études, colloque).
Année 3 :
- Révision et finalisation de l'analyse des données ; -Rédaction des chapitres restants de la thèse (introduction, cadre théorique, méthodologie, discussion/interprétation) ; - Révisions finales en réponse aux commentaires du comité de thèse ; - Soumission de la thèse et préparation de la soutenance ;
- Soutenance et évaluation de la thèse.
Disposant d'un bureau à la MSH de l'université du Mans, le futur doctorant bénéficiera d'un co-encadrement stimulant : il sera inscrit dans l'équipe de recherche 3L.AM, et pourra être associé à l'équipe ESO.
Ce projet de doctorat s'inscrit dans une collaboration inédite entre deux laboratoires multisites : 3L.AM Langues, Littératures, Linguistique des Universités d'Angers et du Mans, représenté par Ludmila Ommundsen Pessoa (PR, directrice, porteuse du projet), et ESO (Espaces et Sociétés (ESO CNRS 6590), représenté par Frédéric Fortunel (MCF HDR, co-directeur)
Pour ce qui concerne le laboratoire 3L.AM - Langues, Littératures, Linguistique des Universités d'Angers et du Mans, les trois axes sont mis à contribution. Les perspectives suivantes sont tout particulièrement significatives :
- Axe 1 : Histoire(s) d'enfance et de jeunesse : pratiques et enjeux : « Les sources primaires (journaux, témoignages, archives) peuvent aider à comprendre l'impact des événements d'une période donnée sur la jeunesse. » ; - Axe 2 : Transferts culturels, créations artistiques et circulation des savoirs : « L'apport des minorités (ethniques, genrées, religieuses...) dans le patrimoine culturel et citoyen, ainsi que les conflits suscités et les enjeux soulevés par cette mixité ; - Axe 3 : Cultures savantes et cultures populaires : « Phénomènes de décentrement, d'excentricité, de dissidence, de marginalisation » dont l'opposition entre la « culture de la résistance » et celle de la conformité.
En ce qui concerne le laboratoire Espaces et Sociétés (ESO CNRS 6590), on retient les axes 1 et 3.
- Axe 1 : Production et hiérarchisation des mondes sociaux : vers un dépassement des paradigmes ? : deux sous thèmes se distinguent dans cet axe avec d'une part « les processus de division sociale de l'espace et les logiques de catégorisations des espaces et des groupes sociaux » et « les processus de médiation entre différents univers sociaux ». L'enjeu ethnique tel qu'il est appréhendé correspond bien à ces deux sous thèmes de l'axe 1. - Axe 3 : La (re)localisation du politique : un processus sous tension : Cet axe considère que « les interactions entre actions institutionnelles et pratiques ordinaires stimulent des dynamiques sociales et spatiales nouvelles ».
Le thème de ce projet doctoral est conçu comme étant à la croisée des études du fait culturel en Afrique du Sud et des recherches sur la manière dont les espaces urbains sont investis. Le contexte sud-africain, marqué par l'enjeu ethnique, favorise la pratique d'une transdisciplinarité à l'interface entre histoire, études culturelles, géographie et anthropologie. Les apports de ce futur travail peuvent être envisagés sous la forme d'enrichissements mutuels aux études culturelles anglophones d'une part et à la géographie sociale d'autre part ; on en distingue trois principaux : 1) intégrer la dimension spatiale du fait culturel dans les études culturelles 2) Combiner les enjeux politiques et sociaux dans une étude sur la construction des identités politiquement instrumentalisées 3) Jeter un pont entre des disciplines à partir d'un terrain et d'une problématique commune : la fabrique des pratiques sociales.