Thèse Histoire des « Théâtres de la Banlieue » Parisienne. la Périphérie d'Une Scène Capitale 1817-1932 H/F - Doctorat.Gouv.Fr
- Orléans - 45
- CDD
- Doctorat.Gouv.Fr
Les missions du poste
Établissement : Université d'Orléans École doctorale : Humanités et Langues - H&L Laboratoire de recherche : POLEN - Pouvoirs, Lettres, Norme Direction de la thèse : Corinne LEGOY Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-05-12T23:59:59 Paris, au XIXe siècle, est une capitale mondiale du théâtre : 32 000 pièces sont créées sur les théâtres parisiens au cours de la période, mobilisant chaque semaine un public estimé à 250 000 spectateurs. Si l'histoire des salles les plus centrales de cette « scène capitale » est désormais bien connue, ce projet doctoral propose de lever le voile sur celle de ceux de la banlieue du premier XIXe siècle, beaucoup moins étudiée jusqu'à présent. Leur histoire commence sous la Restauration, après que Pierre-Jacques Seveste obtient le privilège des « spectacles de la banlieue » en 1817. Seveste et ses héritiers en profitent pour fonder des théâtres à Montparnasse (1819), au Ranelagh (1820), aux Ternes (1821), à Montmartre (1822), à Belleville et à Grenelle (1828), puis aux Batignolles (1838). Ces théâtres de la banlieue, scènes périphériques et populaires, conservent ce nom dans l'usage longtemps après leur intégration à la capitale en 1860. Plusieurs d'entre eux traversent le XIXe siècle, pour ne disparaître que dans la première moitié du XXe siècle : c'est le cas du théâtre de Belleville, qui ferme définitivement ses portes en 1932. À ce jour, ni le répertoire, ni le public, ni l'administration des théâtres de la banlieue n'ont fait l'objet d'une étude approfondie. Jean Claude Yon estime ainsi qu'ils restent délaissés par l'historiographie, marginalisés par leur géographie. Pourtant, c'est selon nous cette géographie périphérique qui confère un intérêt particulier à ces théâtres, en les faisant témoins de trois évolutions importantes que l'on peut décliner sous forme de « passages ». Premièrement, le passage du faubourg au quartier, c'est-à-dire l'intégration progressive de ces théâtres de banlieue et de leur environnement urbain à la capitale. Nous voulons ainsi questionner l'expression d'une identité locale dans ces lieux de spectacle. Ensuite, l'évolution de leur répertoire, qui permet de questionner ce que Christophe Charle a appelé le passage des larmes au rire. Il désignait ainsi le déclin du drame populaire au profit de genres comiques et plus légers à la fin du XIXe siècle. Cette dépolitisation de l'art dramatique, identifiée pour des scènes centrales et prestigieuses, est moins évidente pour les théâtres de la banlieue. Enfin, l'évolution des pratiques des spectateurs de ces théâtres, qui permet de saisir l'assagissement progressif des salles de spectacle. On assisterait ainsi au passage d'un public bruyant et indiscipliné, aux spectateurs capables d'intérioriser et d'exprimer avec contenance leurs émotions. Pour comprendre ces trois passages, nous voulons réaliser une étude du répertoire, des conditions matérielles et sociales de sa représentation, du public et de l'administration des théâtres. À la croisée de l'histoire urbaine, de l'histoire culturelle et de l'histoire sociale, ce projet doctoral a donc pour ambition d'interroger l'évolution du rapport au théâtre des classes populaires, et de comprendre comment l'art dramatique est devenu progressivement un outil de distinction des classes dominantes.
Ce projet de thèse vise à explorer un pan oublié de l'histoire de spectacles, de la vie culturelle et de la vie urbaine : à ce jour, ni le répertoire, ni le public, ni l'administration des théâtres de la banlieue n'ont fait l'objet d'une étude approfondie.
Le profil recherché
Maîtrise des champs historiographiques et des outils de l'historien, aptitude à l'analyse de sources de nature différente, maîtrise de l'histoire du XIXe siècle.