Thèse Approches Participatives pour la Planification des Réseaux Électriques de Distribution H/F - Doctorat.Gouv.Fr
- Grenoble - 38
- CDD
- Doctorat.Gouv.Fr
Les missions du poste
Établissement : Université Grenoble Alpes École doctorale : EEATS - Electronique, Electrotechnique, Automatique, Traitement du Signal Laboratoire de recherche : Laboratoire de Génie Electrique Direction de la thèse : Marie-Cécile ALVAREZ-HERAULT ORCID 0000000158137454 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-05-31T23:59:59 L'originalité de ce projet de recherche réside dans l'exploration d'une planification du réseau électrique co-construite avec les habitants et habitantes d'un territoire. Cette démarche interdisciplinaire articule sciences de l'ingénieur (modélisation physique) et sciences participatives (mobilisation de savoir-faire situés). Le coeur de la thèse porte sur l'évolution des modes de planification. L'approche dominante, fondée sur la promesse d'une solution strictement technique, atteint ses limites face aux exigences de sobriété énergétique et à l'intégration de l'intermittence des énergies renouvelables. La technique conçue comme « boîte noire », invisibilisant les enjeux énergétiques, ne suffit plus pour penser le réseau. Au contraire d'éloigner d'un côté, la technique et les experts et de l'autre la société, le philosophe Bruno Latour nous invite à « rapprocher le monde dont on vit du monde où l'on vit » C'est précisément l'objectif d'une approche participative de la planification.L'enjeu scientifique est double. En sciences sociales, il s'agit de faire émerger l'architecture du réseau depuis le territoire habité et d'en rendre perceptible l'immensité invisible. En sciences pour l'ingénieur·e, la question est d'intégrer des savoirs situés et qualitatifs dans les modèles. L'état de l'art (McGookin et al., 2021) montre que la majorité des démarches participatives demeurent consultatives, sans implication décisionnelle réelle. Des initiatives telles que le projet Infrafuturs finance par l'ADEME ou la thèse de Zoé Bonnardot sur la simulation ludique des futurs ouvrent néanmoins des pistes. Ce projet vise à légitimer l'approche participative comme pratique durable de la planification des réseaux électriques.
Notre programme scientifique se développe en trois axes pour interroger : le pourquoi donner la capacité aux acteurs locaux de se saisir de la planification du réseau, le comment c'est envisageable dans la pratique, puis l'évaluation des transformations escomptées ou non, et l'intégration dans les outils de la planification. L'originalité de ce projet de recherche réside dans l'exploration d'une planification du réseau électrique co-construite avec les habitants et habitantes d'un territoire. Cette démarche interdisciplinaire articule sciences de l'ingénieur (modélisation physique) et sciences participatives (mobilisation de savoir-faire situés). Le coeur de la thèse porte sur l'évolution des modes de planification. L'approche dominante, fondée sur la promesse d'une solution strictement technique, atteint ses limites face aux exigences de sobriété énergétique et à l'intégration de l'intermittence des énergies renouvelables. La technique conçue comme « boîte noire », invisibilisant les enjeux énergétiques, ne suffit plus pour penser le réseau. Au contraire d'éloigner d'un côté, la technique et les experts et de l'autre la société, le philosophe Bruno Latour nous invite à « rapprocher le monde dont on vit du monde où l'on vit » C'est précisément l'objectif d'une approche participative de la planification.
L'enjeu scientifique est double. En sciences sociales, il s'agit de faire émerger l'architecture du réseau depuis le territoire habité et d'en rendre perceptible l'immensité invisible. En sciences pour l'ingénieur·e, la question est d'intégrer des savoirs situés et qualitatifs dans les modèles. L'état de l'art (McGookin et al., 2021) montre que la majorité des démarches participatives demeurent consultatives, sans implication décisionnelle réelle. Des initiatives telles que le projet Infrafuturs finance par l'ADEME ou la thèse de Zoé Bonnardot sur la simulation ludique des futurs ouvrent néanmoins des pistes. Ce projet vise à légitimer l'approche participative comme pratique durable de la planification des réseaux électriques. L'objectif de la thèse est d'explorer la possibilité d'une planification du réseau électrique co-construite avec les habitants et habitantes d'un territoire. Il s'agit de faire évoluer les manières de planifier les réseaux électriques en dépassant une approche fondée uniquement sur la promesse technique et cela en :
- questionnant la capacité des acteurs locaux à se saisir des enjeux de planification,
- mettant en débat un objet infrastructurel complexe,
- développant des outils mathématiques et participatifs intégrants des critères difficilement modélisables,
- évaluant les transformations produites par ces dispositifs.
En rendant le réseau électrique plus intelligible, l'enjeu de cette thèse est d'adapter les infrastructures énergétiques aux transformations sociales, matérielles et politiques liées à la transition énergétique.
- l'intégration massive des énergies renouvelables sur le réseau de distribution,
- l'organisation de la sobriété énergétique,
- la prise en compte de l'hétérogénéité des besoins en qualité d'alimentation électrique,
- la territorialisation des ressources et des collectifs énergétiques.
Cette proposition de thèse se développe en trois axes pour interroger i) le pourquoi donner la capacité aux acteurs locaux de se saisir de la planification du réseau, ii) le comment c'est envisageable dans la pratique, ainsi que iii) l'évaluation des transformations escomptées ou non.
Dans un premier temps, il s'agit de questionner ce qu'ont pu apporter les processus participatifs dans la planification d'autres formes de réseaux (e.g., pour l'eau et la voirie), puis de dresser un certain nombre d'hypothèses quant à l'efficacité de ces processus au regard des modèles actuels de planification pour un gestionnaire du réseau électrique traditionnel. D'autres formes de planification se développent déjà dans de nombreux territoires, qui associent une pluralité d'acteurs publics et privés. L'histoire des Entreprises Locales de Distribution (ELD) et la mobilisation des acteurs locaux pour conserver cette compétence communale nous semblent porteuse d'alternatives, et nous permettront d'accéder à de premiers terrains d'étude.
Dans un deuxième temps, la thèse s'intéressera à produire de nouveaux outils mathématiques et participatifs (enquêtes, jeux, etc.) pour la planification du réseau afin de tester les hypothèses formulées en amont. Notre ambition est de mettre en oeuvre une recherche participative en constituant des collectifs hybrides pour dépasser les clivages expert.es/profanes/élu.es (chercheur.euses, collectivités territoriales, opérateurs réseaux, entreprises, acteurs et actrices de la société civile). Nous mobiliserons ces collectifs pour répondre aux enjeux de la planification traditionnelle (création de ligne, enterrement des réseaux, déploiement d'un nouveau transformateur, ajout d'éléments de protection et redondance des scénarios « n-1 ») ou en dépassant ces enjeux (installation de micro-réseaux ponctuels en cas de coupure, prioritisation des délestages en cas de manque d'énergie renouvelable, etc.).
Enfin, à l'issue du processus scientifique, les hypothèses de départ seront évaluées pour tirer des conclusions quant aux possibilités d'évolution des mécanismes de planification du réseau électrique actuels en regard de leur pertinence, selon différents critères et pour des acteurs dont les motivations sont potentiellement contradictoires. L'aboutissement de ces trois axes permettra de rédiger un manuscrit de thèse pendant les 6 derniers mois du projet.
Le profil recherché
Le ou la candidate devra avoir un Master qui puisse se rattacher aux sciences de la participation. Le ou la candidate devra également se montrer capable d'appréhender le fonctionnement des outils des sciences de l'ingénieur pour la planification des réseaux électriques de distribution. Un stage de recherche réalisé au préalable en lien avec les sciences de l'ingénieur et la recherche en génie électrique est préférable. Par ailleurs, un très bon niveau en français parlé et écrit est requis.