Thèse Développement d'Une Stratégie de Gestion Intégrée de la Fourmi Invasive Tapinoma Magnum H/F - Doctorat.Gouv.Fr
- Lyon - 69
- CDD
- Doctorat.Gouv.Fr
Les missions du poste
Établissement : Université Claude Bernard Lyon 1 École doctorale : E2M2 - Evolution Ecosystèmes Microbiologie Modélisation Laboratoire de recherche : LEHNA - LABORATOIRE D'ÉCOLOGIE DES HYDROSYSTÈMES NATURELS ET ANTHROPISÉS Direction de la thèse : Yann VOITURON ORCID 0000000305727199 Début de la thèse : 2026-09-01 Date limite de candidature : 2026-07-31T23:59:59 La fourmi invasive Tapinoma magnum posent aujourd'hui des problèmes difficiles à gérer pour les activités économiques, le bien-être des populations et le fonctionnement des écosystèmes. Ces problèmes ont été relevés sur l'ensemble du territoire national et plus largement en Europe. Les méthodes classiques de gestion, fondées sur une utilisation massive et non coordonnée d'insecticides, ne permettent pas aujourd'hui de contrôler les populations de l'espèce et de limiter les impacts. Le présent projet de thèse CIFRE entend concevoir une stratégie de lutte efficace et adaptable aux situations très variées auxquelles font face les acteurs économiques et territoriaux, y compris les citoyens et résidents. Il nécessite une approche expérimentale, scientifique et rigoureuse, adossée à une connaissance professionnelle des besoins des acteurs de la lutte contre ce type d'espèce. Le présent projet de thèse rassemblera, dans une collaboration étroite, un laboratoire CNRS-Université Claude Bernard Lyon 1, le LEHNA, premier publiant sur cette espèce en Europe, et ARMOSA, une entreprise indépendante de conception et de commercialisation de solutions pour la filière 3D (dératisation, désinfection, désinsectisation). L'introduction d'organismes hors de leur aire de répartition naturelle dans de nouvelles régions a pour conséquence une invasion biologique lorsque les espèces introduites ont un effet négatif sur la biodiversité locale (Seebens et al., 2025). Ces espèces exotiques envahissantes (ou espèces invasives) affectent le fonctionnement des écosystèmes (Levine, 2008) et sont une des principales causes de perte de biodiversité à l'échelle mondiale (Linders et al., 2019). Parmi les espèces invasives les plus destructrices et les plus largement répandues (Angulo et al., 2022), on compte plusieurs espèces de fourmis, avec plus de 200 établies hors de leurs aires de répartition naturelle, dont près de 20 sont considérées comme hautement problématiques. Parmi elles, cinq espèces figurent sur la liste des 100 pires espèces envahissantes : la fourmi d'Argentine (Linepithema humile), la fourmi folle jaune (Anoplolepis gracilipes), la fourmi électrique (Wasmannia auropunctata), la fourmi de feu importée (Solenopsis invicta) et la fourmi à grosse tête (Pheidole megacephala) (Bertelsmeier, 2013). Depuis les années 1980, le nombre de campagnes d'éradication a été multiplié par trente (Hoffmann et al., 2016). Cependant, une fois établies, les populations sont difficiles à contrôler et leur éradication demeure complexe (Liu et al. 2020). Ces invasions ont un impact économique majeur et durable (Diagne et al., 2021) et peuvent affecter la santé humaine ainsi que les activités quotidiennes, professionnelles, domestiques ou de loisir (Angulo et al., 2022). La gestion des populations de fourmis invasives représente donc un enjeu crucial pour les activités humaines, notamment en milieu urbain, ainsi que pour la conservation des écosystèmes (Gaigher et al., 2012). Il est dès lors essentiel de développer des méthodes de gestion efficaces et respectueuses des habitants humains et non humains des villes. Ces méthodes doivent s'appuyer sur une connaissance approfondie de la biologie, du développement et de la dynamique de croissance des populations de fourmis, ainsi que des milieux dans lesquels elles se développent. Ce projet a pour enjeu de définir les objectifs opérationnels de la gestion des fourmis supercoloniales envahissantes, qui doivent être dimensionnés en fonction de la situation de terrain. Ils incluent la prévention de l'installation, l'élimination rapide des nouvelles introductions, la limitation de l'extension, et surtout la diminution, voire la suppression des impacts des supercolonies existantes. Ce projet permettra de concevoir une stratégie de gestion répondant à ces objectifs, qui soit multi-échelles, intégrée et communautaire, économiquement viable, socialement acceptable et respectueuse de l'environnement.
Cette stratégie de gestion doit intégrer des méthodes déjà existantes, mais surtout innover en développant des méthodes adaptées aux espèces ciblées.
La réponse à ces enjeux repose sur une meilleure connaissance de l'espèce qui puisse offrir des leviers à l'action, et sur la conception de moyens de lutte adaptés. Nous définissons trois niveaux d'intervention dans la gestion : 1) les moyens : ce sont les objets, substances ou actions opposées aux fourmis, 2) les méthodes : ce sont les protocoles d'utilisation des moyens de lutte, 3) les stratégies : elles combinent les méthodes de manière optimale en fonction des situations de terrain.
Le profil recherché
Le candidat doit avoir une solide base en écologie des populations et en entomologie, idéalement avec une expérience sur les insectes sociaux ou les espèces invasives. Des connaissances en dynamique des populations. Le projet étant expérimental, le candidat doit maîtriser la conception de protocoles expérimentaux rigoureux (dispositifs en terrain et en laboratoire), les statistiques appliquées à l'écologie (R, modèles mixtes, analyses multivariées) et les outils de cartographie ou de SIG pour suivre la distribution spatiale de l'espèce. Une expérience en terrain principalement en milieu urbain, périurbain est également attendue. La nature CIFRE du projet impose une double posture : académique (publications, rigueur scientifique) et professionnelle (répondre aux besoins concrets d'ARMOSA et des acteurs du terrain). Le candidat doit donc être capable de travailler en interface entre un laboratoire et une entreprise, de valoriser ses résultats auprès de publics non spécialistes (collectivités, citoyens, techniciens 3D), et de rédiger en français et en anglais.