Recrutement Doctorat.Gouv.Fr

Thèse Récentes Stratégies de Prévention du Virus Respiratoire Syncytial chez les Nourrissons Utilisation Efficacité Impact Populationnel et Sécurité en France H/F - Doctorat.Gouv.Fr

  • Paris - 75
  • CDD
  • Doctorat.Gouv.Fr
Publié le 7 juillet 2026
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Les missions du poste


Établissement : Université Paris-Saclay GS Santé publique École doctorale : Santé Publique Laboratoire de recherche : EPI-PHARE Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-08-31T23:59:59 Le virus respiratoire syncytial (VRS) constitue la principale cause d'infections respiratoires basses et d'hospitalisation chez les nourrissons dans le monde. L'arrivée récente de nouvelles stratégies d'immunisation contre le VRS, notamment l'immunisation passive par anticorps monoclonaux à longue durée d'action (nirsevimab puis clesrovimab) et la vaccination maternelle par vaccin RSVpreF (Abrysvo®), marque une transformation majeure des politiques de prévention du VRS chez les nourrissons. Cependant, malgré les résultats prometteurs des essais cliniques et des premières études observationnelles, de nombreuses incertitudes persistent concernant l'utilisation, l'efficacité, l'impact populationnel et la sécurité de ces stratégies en conditions réelles d'utilisation.Ainsi les objectifs de cette thèse seront :- De décrire l'utilisation et l'évolution temporelle des nouvelles stratégies de prévention du VRS en France, ainsi que l'accès à ces stratégies. - D'évaluer l'efficacité en vie réelle et l'impact populationnel des nouvelles stratégies de prévention du VRS sur les hospitalisations liées au VRS, les formes sévères et la dynamique épidémique saisonnière. - D'évaluer la sécurité maternelle, néonatale et infantile de la vaccination maternelle RSVpreF et des anticorps monoclonaux anti-VRS, notamment leur sécurité à moyen et long terme. Les travaux seront réalisés à partir des données exhaustives du Système National des Données de Santé (SNDS), et des données chaînées mère-enfant du registre EPI-MERES.Cette thèse répond à un besoin majeur d'évaluer en vie réelle l'impact des nouvelles stratégies de prévention du VRS afin d'éclairer les recommandations de santé publique, l'organisation des campagnes d'immunisation et la surveillance post-commercialisation de ces stratégies. Epidémiologie du virus respiratoire syncytial chez les nourrissons avant l'arrivée des nouvelles stratégies d'immunisationLe virus respiratoire syncytial (VRS) constitue la principale cause d'infections respiratoires basses aiguës et d'hospitalisation chez les nourrissons dans le monde.1-3 On estime que le VRS était responsable chaque année d'environ 33 millions d'infections respiratoires basses, plus de 3 millions d'hospitalisations chez les enfants de moins de 5 ans.1,2 Les formes sévères surviennent surtout au cours des premiers mois de vie.4 En France, le VRS représentait la première cause d'hospitalisation pédiatrique hivernale.5,6 L'étude EPIBREATHE, conduite sur les données du Programme de Médicalisation des Systèmes d'Information (PMSI) entre 2016 et 2023, a estimé à environ 44 000 le nombre annuel d'hospitalisations pour VRS chez les nourrissons de moins d'un an, soit une incidence de 4,9 pour 1 000 naissances. Parmi ces hospitalisations, 27,2 % ont nécessité une admission en réanimation, et le coût hospitalier annuel associé dépasse 130 millions d'euros. Bien que les nourrissons prématurés et ceux porteurs de comorbidités soient à plus haut risque de formes graves, la majorité des hospitalisations concerne des nourrissons nés à terme sans facteur de risque identifié.7,8 Au-delà de l'infection aiguë, certaines études ont suggéré une association entre les infections sévères à VRS au cours de la petite enfance et le développement ultérieur d'épisodes sifflants ou d'asthme.9-11 Pendant plus de vingt ans, la prévention du VRS reposait essentiellement sur le palivizumab, un anticorps monoclonal réservé à certains nourrissons à très haut risque.12,13 Les nouvelles stratégies de prévention du VRSL'arrivée récente de nouvelles stratégies d'immunisation constitue une nouvelle ère dans la prévention du VRS chez les nourrissons.14,15 En 2022, le nirsevimab, un anticorps monoclonal à demi-vie prolongée ciblant la protéine de fusion du VRS, a obtenu une autorisation de mise sur le marché européenne et américaine.16,17 Les essais cliniques de phase IIb et III ont montré une réduction des infections respiratoires basses et des hospitalisations liées au VRS après une injection unique couvrant une saison entière.18-20 L'essai cible pragmatique HARMONIE a ensuite confirmé son efficacité en conditions réelles.21 Un vaccin maternel bivalent ciblant la protéine F du VRS (RSVpreF, Abrysvo®) a été également développé afin de protéger les nouveaux nés par le biais d'un transfert transplacentaire d'anticorps maternels.22 L'essai de phase III MATISSE a montré une efficacité contre les infections sévères à VRS.23 À partir de 2023-2024, plusieurs pays ont mis en place des campagnes de prévention et d'immunisation avec ces nouvelles stratégies.24-26 La France constitue un cadre particulièrement pertinent pour leur évaluation en vie réelle, en raison de la mise en place de campagnes nationales de prévention, de l'utilisation concomitante de plusieurs stratégies et de l'existence du Système National des Données de Santé (SNDS), permettant un suivi exhaustif des mères et des enfants à l'échelle nationale.27 Questions scientifiques majeures à explorer en vie réelleMalgré les résultats des essais cliniques et des premières études d'efficacité et de sécurité en vie réelle, de nombreuses questions restent ouvertes concernant l'utilisation, l'efficacité, l'impact populationnel et la sécurité des nouvelles stratégies de prévention du VRS.Utilisation des stratégies et inégalités d'accèsLes premières données françaises ont mis en évidence des disparités sociales et territoriales importantes dans le recours au nirsevimab et à la vaccination maternelle par Abrysvo contre le VRS.28,29 Les nourrissons et femmes enceintes issus des zones les plus défavorisées présentent des taux de couverture plus faibles, malgré une prise en charge intégrale par l'assurance maladie.28,29 Ces résultats soulèvent des questions importantes concernant les déterminants du recours aux nouvelles stratégies et l'influence des caractéristiques maternelles, sociales, territoriales et d'adhésion vaccinale. Les données populationnelles sur la couverture réelle des trois stratégies, leurs déterminants sociodémographiques et les inégalités territoriales restent inexistantes sur données exhaustives nationales pour la saison 2025-2026. De plus, pour la nouvelle saison 2025-2026 un nouvel anticorps monoclonal sera probablement recommandé pour une administration hospitalière et en ville le Clesrovimab (Enflonsia™) administré en dose unique indépendante du poids (contrairement au nirsevimab qui existe en deux dosages selon le poids de l'enfant).Efficacité clinique et impact populationnelLes premières études françaises en vie réelle ont confirmé une efficacité importante du nirsevimab et du vaccin RSVpreF contre les hospitalisations liées au VRS. 30-32 Une première et unique étude comparative a également montré une supériorité en termes d'efficacité de l'immunisation passive par nirsevimab par rapport à la vaccination maternelle par RSVpreF dans les conditions actuelles d'administration. 33 Même si les premières saisons ont fourni des estimations en matière d'efficacité, des incertitudes persistent quant à la durabilité de la protection, à l'impact du changement de sous-type viral circulant (la saison 2024-2025 ayant été marquée par une prédominance du RSV-B) et l'efficacité comparative des nouvelles stratégies (notamment l'arrivée du clesrovimab). Par ailleurs, l'introduction massive de l'immunisation anti-VRS pourrait modifier l'épidémiologie du VRS à l'échelle populationnelle.34 Ces modifications peuvent potentiellement touchées la dynamique saisonnière (pic épidémique avancé ou retardé), l'intensité de l'épidémie, l'âge des enfants hospitalisés ou encore influencer d'autres trajectoires infectieuses respiratoires concomitantes. Certaines hypothèses ont également émergé concernant un possible déplacement des infections vers des âges plus avancés ou une modification de l'immunité naturelle après prévention précoce.35,36 Les conséquences à moyen et long terme des nouvelles stratégies d'immunisation demeurent donc largement inconnues.Sécurité des nouvelles stratégies et surveillance à moyen et long terme La sécurité des nouvelles stratégies constitue également un enjeu majeur de santé publique. Concernant la vaccination maternelle RSVpreF, un signal potentiel d'augmentation du risque de prématurité a été observé dans certains essais cliniques, conduisant à restreindre la fenêtre de vaccination recommandée à 32-36 semaines d'aménorrhée.37,38 Un autre vaccin RSV maternel (RSVpreF3) a vu son développement interrompu en raison d'un excès confirmé de prématurité.39 Bien que les premières données françaises en vie réelle n'aient pas pu mettre en évidence une augmentation majeure du risque de prématurité ou de complications obstétricales40, les données disponibles restent encore limitées concernant les événements indésirables rare mais potentiellement graves (comme le Syndrome de Guillain Barré), les issues néonatales rares (malformations par exemple) et les effets selon l'âge gestationnel. Les données de sécurité du nirsevimab restent également encore limitées.41 Les conséquences à moyen et long terme de la prévention précoce du VRS sur les trajectoires respiratoires, infectieuses et immunologiques des enfants restent insuffisamment documentées.14,42,43 Dans ce contexte de transformation majeure des politiques de prévention du VRS, cette thèse vise à évaluer en vie réelle les nouvelles stratégies de prévention du VRS chez les nourrissons en France à partir des données exhaustives du SNDS et le travail de thèse s'articulera autour de trois axes : Etude 1 : Décrire l'utilisation des nouvelles stratégies de prévention du VRS en France, leurs évolutions temporelles et les inégalités sociales et territoriales d'accès à ces stratégies.Etude 2 : Étudier l'efficacité en vie réelle et l'impact populationnel des nouvelles stratégies de prévention du VRS chez les nourrissons, notamment sur les hospitalisations liées au VRS, les formes sévères et la dynamique épidémique.Etude 3 : Étudier la sécurité maternelle, néonatale et infantile des nouvelles stratégies de prévention du VRS, notamment la sécurité de la vaccination maternelle RSVpreF pendant la grossesse et la sécurité post-commercialisation à court et long terme des anticorps monoclonaux anti-VRS chez les nourrissons.

Le profil recherché

Nous recherchons un(e) candidat(e) fortement motivé(e) par la recherche en pharmacoépidémiologie, l'évaluation des médicaments et des vaccins en conditions réelles d'utilisation, ainsi que par les enjeux de santé publique. Une formation médicale est privilégiée, avec un diplôme de médecin ou de pharmacien, complétée par un Master 2 en santé publique, épidémiologie, biostatistiques, recherche clinique ou dans une discipline équivalente.Le ou la candidat(e) devra posséder de solides connaissances en épidémiologie et en méthodologie des études observationnelles, ainsi qu'un intérêt marqué pour la pharmacoépidémiologie, la pharmaco- et vaccinovigilance, et l'évaluation de l'efficacité, de la sécurité et de l'impact des interventions de santé en vie réelle. Une maîtrise des méthodes statistiques et une expérience de l'analyse de bases de données de santé, notamment à l'aide de logiciels tels que SAS, R .

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