Post-Doctorant Étude des Mises à Jour Logicielles qui Induisent de l'Obsolescence H/F - INRIA
- Saint-Martin-d'Hères - 38
- CDD
- Télétravail accepté
- INRIA
Les missions du poste
A propos d'Inria
Inria, l'institut national de recherche dans les sciences et technologies du numérique, est en appui de l'État pour les stratégies nationales de recherche et d'innovation du numérique en tant qu'Agence de programmes. Inria mène plus de 300 projets de recherche et d'innovation avec ses 3500 scientifiques, ingénieurs et personnels d'appui, en partenariat avec les universités et l'écosystème numérique (entreprises, entrepreneurs, acteurs publics). Ensemble, nous explorons des domaines clés comme l'intelligence artificielle, la cybersécurité, l'informatique quantique, le Cloud, la transformation numérique de la santé, les jumeaux numériques ou encore les technologies numériques pour la défense. Nous construisons des solutions concrètes telles que des logiciels, des startups technologiques, des partenariats avec les entreprises du tissu national et des formations de pointe. Notre objectif : l'impact scientifique, technologique et industriel au service de la souveraineté numérique de la France.
Post-Doctorant F/H Étude des mises à jour logicielles qui induisent de l'obsolescence
Type de contrat : CDD
Contrat renouvelable : Oui
Niveau de diplôme exigé : Thèse ou équivalent
Fonction : Post-Doctorant
A propos du centre ou de la direction fonctionnelle
Le Centre Inria de l'Université Grenoble Alpes, regroupe un peu moins de 450 personnes réparties au sein de 26 équipes de recherche et 9 services support à la recherche.
Son effectif est distribué sur 3 campus à Grenoble, en lien étroit avec les laboratoires et les établissements de recherche et d'enseignement supérieur (Université Grenoble Alpes, CNRS, CEA, INRAE, ...), mais aussi avec les acteurs économiques du territoire.
Présent dans les domaines du calcul et grands systèmes distribués, logiciels sûrs et systèmes embarqués, la modélisation de l'environnement à différentes échelles etla science des données et intelligence artificielle, le Centre Inria de l'Université Grenoble Alpes participe au meilleur niveau à la vie scientifique internationale par les résultats obtenus et les collaborations tant en Europe que dans le reste du monde.
Contexte et atouts du poste
Ce postdoctorat est financé par le PEPR NumEco dans le cadre du projet PC1 Assess-Impact (.
Il sera encadré par Sophie Quinton, en collaboration avec Clément Marquet (Centre de Sociologie de l'Innovation) et Jacques Combaz (Verimag). La personne recrutée sera intégrée à l'équipe ADN de l'INRIA ().
Mission confiée
L'objectif du projet dans lequel s'intègre ce travail de postdoc est double :
- proposer une nouvelle approche pour l'évaluation environnementale des technologies numériques, qui permette de mieuxappréhender la complexité du lien entre technologies numériques et soutenabilité par rapport aux taxonomies existantes ;
- analyser plus précisément le cas des mises à jour logicielles en les considérant comme ambiguës dans leur rapport à la maintenance du logiciel et à l'obsolescence numérique.
Compléments
Différentes propositions de taxonomies des effets environnementaux indirects du numérique ont vu le jour depuis les années 2000, principalement dans la communauté ICT4S [Bremer2023]. En particulier, le modèle des « 3 tiers », notamment popularisé par L. Hilty [Hilty2010], semble s'être assez largement imposé dans la littérature académique et au-delà (il sert par exemple de base à la
recommandation ITU L.1410). Les processus d'élaboration de ces taxonomies sont actuellement étudiés dans le cadre de la thèse de David Ekchajzer, dont les résultats préliminaires montrent (i) que ces taxonomies ont été finalement peu débattues dans la sphère académique, et (ii) qu'elles sont essentiellement construites autour de l'outil d'analyse de cycle de vie (ACV) qu'elles cherchent à la
fois à mobiliser et à compléter.
Nous pensons que ces taxonomies sont mal adaptées à l'étude de la place des technologies numériques dans des scénarios de transition vers la soutenabilité. Puisque cette dernière est une notion macroscopique, il n'est pas possible d'évaluer la soutenabilité d'une technologie et ou d'une application indépendamment de son contexte [Hilty2015]. En plaçant les applications numériques
au centre de la réflexion, les taxonomies encouragent à penser les liens numérique-environnement à partir du microscopique, c'est-à-dire indépendamment des scénarios de transition dans lesquelles ces applications sont censées s'inscrire. Par conséquent, les études mobilisant les taxonomies explicitent très rarement ces scénarios. Dans tous les cas elles discutent de façon secondaire ces
dimensions macroscopiques, voire les ignorent. Partir, au contraire, des dynamiques macroscopiques, permet par exemple d'interroger le rôle joué par le numérique dans les logiques d'accumulation et d'externalisation des impacts, et plus généralement la soutenabilité des économies capitalistes [Simpson2019]. Cela permet, aussi, d'évaluer les liens entre le numérique et les enjeux identifiés pour la soutenabilité (par exemple l'équité et l'agentivité politique [Creutzig2022]), qui mettraient en avant des critères d'analyse de premier et second ordre différents des taxonomies mentionnées ci-dessus.
Un exemple d'une telle étude a été menée dans la thèse d'Edlira Nano sur l'obsolescence numérique, à travers l'analyse à la fois technique et sociale de deux ecosystèmes numériques que sont Android OS et Debian, permettant de cartographier les acteurs, leurs relations dans la production informatique et la production de l'obsolescence dans le cas d'Android, ou de la maintenance logicielle dans le cas de Debian. Cette étude permet ainsi de mettre en avant à la fois les pratiques numériques, mais aussi économiques et législatives permettant l'obsolescence ou étant des leviers de remédiation dans le contexte du capitalisme numérique.
Dans ce projet, nous souhaitons étendre le travail entamé dans la thèse de Edlira Nano [Nano2026] sur l'analyse de l'obsolescence numérique et en particulier logicielle, la croiser au travail sur les taxonomies issues de la communauté ICT4S, ceci par une critique approfondissant les quelques éléments esquissés ci-dessus, en nous appuyant non seulement sur la littérature de la communauté
ICT4S mais en mobilisant également d'autres corpus, en particulier liés aux Sciences and Technologies Studies (STS). En particulier nous aimerions nous pencher sur les mises à jour logicielles qui induisent de l'obsolescence. Rarement questionnées en tant que telles par les développeurs et les acteurs des écosystèmes, implicitement admises comme nécessaires en particulier pour lutter contre l'obsolescence, les mises à jour logicielles, dans de nombreux cas pourtant, dégradent en pratique la fonctionnalité et l'utilisabilité des équipements, cassent la rétro-compatibilité et causent de nouveaux problèmes de maintenance. Elles créent ainsi de la dette
technique et transfèrent les coûts de maintenance vers d'autres acteurs tels que les utilisateurs ou les développeurs de systèmes alternatifs FOSS (Free and Open-Source Software) qui tentent d'allonger la durée de vie des équipements.
Notre objectif est d'analyser les mises à jour logicielles en les considérant comme ambiguës dans leur rapport à la maintenance du logiciel. Il s'agira en particulier d'étudier le lien entre mises à jour de sécurité et mises à jour pour supporter du nouveau matériel d'une part, et obsolescence d'autre part. Par cette étude, nous serons mieux à même de proposer des approches alternatives à l'évaluation environnementale des technologies numériques telle qu'elle se pratique actuellement, mais aussi de faire apparaître des leviers de remédiation ancrés dans le contexte socio-économique et systémique numérique.
[Bremer2023] :
[Hilty2010] :
[Hilty2015] :
[Creutzig2022] :
[Simpson2019] :
[Nano2026] :
Principales activités
Les principales activités du postdoctorat sont les suivantes (sans ordre particulier) :
- Analyse et développement logiciels pour mieux comprendre le lien entre mises à jour de sécurité et obsolescence logicielle
- Participation à des conférences et à des événements de la communauté Debian et de communautés FOSS comme GrapheneOS, LineageOS etc.
- Travail bibliographique
- Rédaction de publications scientifiques
- Contribution au travail d'acculturation entre les différentes communautés académiques (sécurité logicielle, sciences de la soutenabilité, sociologie...) et non académiques
Compétences
Compétences techniques et niveau requis : Besoin de maîtriser à la fois les aspects logiciels et le travail d'enquête sociologique
Langues : français (pour les entretiens) et anglais (pour les communications académiques)
Compétences relationnelles : nécessaires car le travail va nécessiter des interactions fréquentes avec des publics très divers
Il sera également indispensable d'être autonome et adaptatif car le sujet est amené à évoluer en fonction des évolutions des communautés FOSS étudiées.
Avantages
- Restauration subventionnée
- Transports publics remboursés partiellement
- Congés : 7 semaines de congés annuels + 10 jours de RTT (base temps plein) + possibilité d'autorisations d'absence exceptionnelle (ex : enfants malades, déménagement)
- Possibilité de télétravail (90 jours par an flottants) et aménagement du temps de travail
- Prestations sociales, culturelles et sportives (Association de gestion des oeuvres sociales d'Inria)
- Accès à la formation professionnelle
- Participation employeur mutuelle santé et prévoyance (sous conditions)
Rémunération
2788 € brut/ mois.