Thèse Evolution Clinique et Recours aux Soins dans le Covid Long Suivi en Médecine Générale H/F - Doctorat.Gouv.Fr
- Saint-Étienne - 42
- CDD
- Doctorat.Gouv.Fr
Les missions du poste
Établissement : Université Jean Monnet Saint-Etienne École doctorale : SIS - Sciences Ingénierie Santé Laboratoire de recherche : P2S - Parcours Santé Systémique Direction de la thèse : PAUL FRAPPE ORCID 0000000273502824 Début de la thèse : 2026-10-01 Date limite de candidature : 2026-09-30T23:59:59 Depuis fin 2019, l'épidémie de Covid-19 a touché le monde entier. Une partie des personnes infectées continue de présenter des symptômes prolongés, que l'on appelle 'Covid long'. En France, 4 % des adultes seraient concernés, soit environ deux millions de personnes. L'évolution de leurs symptômes dans le temps et leur recours aux soins restent mal connus.
Ce travail de thèse s'appuie sur l'étude Covilev, une recherche menée en France entre 2022 et 2025 auprès de plus de 700 personnes atteintes de Covid long, suivies pendant un an. Certaines ont été recrutées par des médecins généralistes, d'autres via une plateforme en ligne ouverte au grand public.
Trois questions guident ce travail :
Comment évolue la gravité des symptômes du Covid long au fil du temps, et quels facteurs favorisent une amélioration ?
Peut-on regrouper les patients selon leur façon de recourir aux soins (médecins généralistes, spécialistes, autres approches), et ces groupes de patients restent-ils stables dans le temps ?
Quel est le coût des soins non conventionnels utilisés par les patients, et sont-ils associés à l'évolution de leurs symptômes ?
L'objectif final est de mieux comprendre l'évolution du Covid long chez des patients suivis en médecine de ville, afin d'améliorer leur accompagnement. - Apparition de la Covid-19 puis du Covid long.
Fin décembre 2019, le bureau de l'organisation mondiale de la santé (OMS) en Chine alerte à propos d'un cas de pneumopathie atypique1. Le 30 janvier 2020, le directeur général de l'OMS annonce le classement de la Covid-19, infection à Sars-CoV2, urgence de santé publique de portée internationale. Le 11 mars 2020, l'OMS qualifie de pandémie la propagation de la Covid-19. En septembre 2020, l'OMS ajoute l'entrée « affection post-Covid-19 » dans la classification internationale des maladies (CIM). Ce n'est qu'en octobre 2021 qu'elle en précise la définition grâce à une méthode Delphi à deux tours2,3.
L'OMS, dans la 11ème version de la CIM4,5 définit l'affection post-Covid comme suit :
« L'affection post-Covid-19 survient chez des personnes présentant des antécédents d'infection probable ou confirmée par le SARS-CoV-2, généralement 3 mois après l'apparition de la Covid-19 avec des symptômes qui persistent au moins 2 mois et qui ne peuvent être expliqués par un autre diagnostic. Les symptômes courants comprennent la fatigue, l'essoufflement, un dysfonctionnement cognitif, mais aussi d'autres symptômes qui ont généralement un impact sur le fonctionnement quotidien. Les symptômes peuvent être d'apparition nouvelle après un rétablissement initial à la suite d'un épisode de Covid-19 aiguë, ou persister depuis la maladie initiale. Les symptômes peuvent également fluctuer ou récidiver au fil du temps. »
La mesure de prévalence est nettement influencée par la définition donnée au Covid long6,7. On estime une incidence cumulée dans le monde à 409 millions d'individus et une prévalence aux Etats-Unis et au Royaume Uni entre 6 et 7 % des adultes. En France, selon la définition de l'OMS du Covid long, elle a été estimée à 4% de la population adulte (2 millions d'adultes) lors d'une enquête réalisée en avril 2022. La majorité de ces personnes (87%) avaient eu au moins une consultation de médecine générale dans l'année précédente8. Une enquête réalisée auprès d'un échantillon représentatif de 1 209 médecins généralistes français a montré que 54% avaient vu au moins un patient ayant des symptômes prolongés après une Covid-19 et 33% au moins deux. Toutefois, les trajectoires de ces patients souffrant de Covid long sont méconnues. Les consultations peuvent être complexes du fait de l'incertitude des examens complémentaires à réaliser pour confirmer ou infirmer le diagnostic et sur les traitements à mettre en place, avec un retentissement potentiel sur la relation de soin9. Par ailleurs, si l'association entre Covid long et altération de la qualité de vie a été démontrée10-12, la plupart de ces études ont été conduites chez des sujets ayant été hospitalisés ou ayant développé des formes sévères de la Covid-19. L'évaluation précise de ce retentissement reste encore à mesurer.
Le carré de Green, actualisé avec des données épidémiologiques françaises par Laporte et al.13, met en évidence le caractère particulièrement sélectif de la population suivie en milieu hospitalier par rapport à l'ensemble des personnes présentant un problème de santé. En France, sur un mois, pour 1 000 individus, seuls 23 seraient hospitalisés (dont 5 en centre hospitalier universitaires), et, 235 auraient au moins une consultation de médecine générale remboursée. L'analyse du retentissement du Covid long en population générale ou en population suivie par un médecin de premier recours prend alors tout son sens pour mieux en comprendre l'impact sociétal.
- L'étude Covilev :
L'étude Covilev est une étude observationnelle longitudinale à partir d'une cohorte prospective multicentrique nationale. Elle a permis le recueil de données de personnes atteintes de Covid long selon la définition de l'OMS. Cette définition étant la plus partagée dans les études internationales.
Les critères d'inclusion étaient les suivants :
- Être adulte (18 ans), résidant en France métropolitaine.
- Présenter une symptomatologie compatible avec la définition de Covid long de l'OMS (confirmé par auto-questionnaire et validé par un médecin).
- Donner un consentement éclairé pour participer à la recherche.
Le fait d'être mineur, sous protection juridique ou en incapacité de consentir constituait un critère d'exclusion.
Les participants ont été recrutés parmi deux populations : un bras dit « médecine générale » et un bras dit « population générale ».
Pour le bras « médecine générale », les médecins généralistes investigateurs ont proposé une inclusion à tous leurs patients répondant aux critères d'éligibilité détaillés ci-dessus et répondant donc à la définition du Covid long de l'OMS. Pour les patients ayant consenti à participer, un questionnaire d'inclusion a été rempli par le médecin et un auto-questionnaire initial a été complété par les « patients ». Ces personnes ont été suivies pendant 12 mois avec des recueils réguliers de donnés selon le schéma en annexe.
Pour le bras « population générale », l'inclusion a été proposée à la cohorte participative GrippeNet.fr / Covidnet.fr et grâce à une campagne d'information via les réseaux sociaux menée par l'Inserm et l'ANRS-MIE. Les critères d'inclusion et d'exclusion étaient les mêmes. Pour s'assurer de la concordance avec la définition Covid long de l'OMS, un questionnaire reprenant les différents points de la définition était proposé en pré-inclusion. Seules les personnes éligibles ont été incluses. Un auto-questionnaire d'inclusion identique à celui du bras « médecine générale » était alors proposé.
Les inclusions ont été réalisées entre janvier 2022 et juin 2023.
Le suivi des participants s'est terminé en septembre 2025 : 246 personnes ont été incluses dans le bras médecine générale et 461 dans le bras population générale. Question 1 : Quelle est l'évolution de la sévérité du Covid Long en population générale suivie en soins primaires ?
Objectif principal : Décrire l'évolution de la sévérité des principaux symptômes.
Objectif secondaire : Identifier les facteurs associés à une évolution favorable.
Question 2 : Existe-t-il des groupes cohérents de recours aux soins ?
Objectif principal : Identifier des groupes cohérents de patients en fonction du recours aux soins déclarés.
Objectif secondaire : Décrire la corrélation entre l'appartenance à un profil de recours aux soins et l'évolution de la sévérité des symptômes.
Question 3: Quel est le coût et quelle est l'efficacité du recours aux soins non conventionnels dans le cadre du Covid long ?
Objectif principal : Décrire l'évolution des dépenses déclarées en soins non conventionnels pour les patients inclus
Objectifs secondaires :
- Identifier les soins non conventionnels les plus sollicités.
- Mesurer l'efficacité en rapport avec l'évolution de la qualité de vie et des symptômes
Ce travail de thèse s'appuie sur l'étude Covilev, une recherche menée en France entre 2022 et 2025 auprès de plus de 700 personnes atteintes de Covid long, suivies pendant un an. Certaines ont été recrutées par des médecins généralistes, d'autres via une plateforme en ligne ouverte au grand public.
Trois questions guident ce travail :
Comment évolue la gravité des symptômes du Covid long au fil du temps, et quels facteurs favorisent une amélioration ?
Peut-on regrouper les patients selon leur façon de recourir aux soins (médecins généralistes, spécialistes, autres approches), et ces groupes de patients restent-ils stables dans le temps ?
Quel est le coût des soins non conventionnels utilisés par les patients, et sont-ils associés à l'évolution de leurs symptômes ?
L'objectif final est de mieux comprendre l'évolution du Covid long chez des patients suivis en médecine de ville, afin d'améliorer leur accompagnement. - Apparition de la Covid-19 puis du Covid long.
Fin décembre 2019, le bureau de l'organisation mondiale de la santé (OMS) en Chine alerte à propos d'un cas de pneumopathie atypique1. Le 30 janvier 2020, le directeur général de l'OMS annonce le classement de la Covid-19, infection à Sars-CoV2, urgence de santé publique de portée internationale. Le 11 mars 2020, l'OMS qualifie de pandémie la propagation de la Covid-19. En septembre 2020, l'OMS ajoute l'entrée « affection post-Covid-19 » dans la classification internationale des maladies (CIM). Ce n'est qu'en octobre 2021 qu'elle en précise la définition grâce à une méthode Delphi à deux tours2,3.
L'OMS, dans la 11ème version de la CIM4,5 définit l'affection post-Covid comme suit :
« L'affection post-Covid-19 survient chez des personnes présentant des antécédents d'infection probable ou confirmée par le SARS-CoV-2, généralement 3 mois après l'apparition de la Covid-19 avec des symptômes qui persistent au moins 2 mois et qui ne peuvent être expliqués par un autre diagnostic. Les symptômes courants comprennent la fatigue, l'essoufflement, un dysfonctionnement cognitif, mais aussi d'autres symptômes qui ont généralement un impact sur le fonctionnement quotidien. Les symptômes peuvent être d'apparition nouvelle après un rétablissement initial à la suite d'un épisode de Covid-19 aiguë, ou persister depuis la maladie initiale. Les symptômes peuvent également fluctuer ou récidiver au fil du temps. »
La mesure de prévalence est nettement influencée par la définition donnée au Covid long6,7. On estime une incidence cumulée dans le monde à 409 millions d'individus et une prévalence aux Etats-Unis et au Royaume Uni entre 6 et 7 % des adultes. En France, selon la définition de l'OMS du Covid long, elle a été estimée à 4% de la population adulte (2 millions d'adultes) lors d'une enquête réalisée en avril 2022. La majorité de ces personnes (87%) avaient eu au moins une consultation de médecine générale dans l'année précédente8. Une enquête réalisée auprès d'un échantillon représentatif de 1 209 médecins généralistes français a montré que 54% avaient vu au moins un patient ayant des symptômes prolongés après une Covid-19 et 33% au moins deux. Toutefois, les trajectoires de ces patients souffrant de Covid long sont méconnues. Les consultations peuvent être complexes du fait de l'incertitude des examens complémentaires à réaliser pour confirmer ou infirmer le diagnostic et sur les traitements à mettre en place, avec un retentissement potentiel sur la relation de soin9. Par ailleurs, si l'association entre Covid long et altération de la qualité de vie a été démontrée10-12, la plupart de ces études ont été conduites chez des sujets ayant été hospitalisés ou ayant développé des formes sévères de la Covid-19. L'évaluation précise de ce retentissement reste encore à mesurer.
Le carré de Green, actualisé avec des données épidémiologiques françaises par Laporte et al.13, met en évidence le caractère particulièrement sélectif de la population suivie en milieu hospitalier par rapport à l'ensemble des personnes présentant un problème de santé. En France, sur un mois, pour 1 000 individus, seuls 23 seraient hospitalisés (dont 5 en centre hospitalier universitaires), et, 235 auraient au moins une consultation de médecine générale remboursée. L'analyse du retentissement du Covid long en population générale ou en population suivie par un médecin de premier recours prend alors tout son sens pour mieux en comprendre l'impact sociétal.
- L'étude Covilev :
L'étude Covilev est une étude observationnelle longitudinale à partir d'une cohorte prospective multicentrique nationale. Elle a permis le recueil de données de personnes atteintes de Covid long selon la définition de l'OMS. Cette définition étant la plus partagée dans les études internationales.
Les critères d'inclusion étaient les suivants :
- Être adulte (18 ans), résidant en France métropolitaine.
- Présenter une symptomatologie compatible avec la définition de Covid long de l'OMS (confirmé par auto-questionnaire et validé par un médecin).
- Donner un consentement éclairé pour participer à la recherche.
Le fait d'être mineur, sous protection juridique ou en incapacité de consentir constituait un critère d'exclusion.
Les participants ont été recrutés parmi deux populations : un bras dit « médecine générale » et un bras dit « population générale ».
Pour le bras « médecine générale », les médecins généralistes investigateurs ont proposé une inclusion à tous leurs patients répondant aux critères d'éligibilité détaillés ci-dessus et répondant donc à la définition du Covid long de l'OMS. Pour les patients ayant consenti à participer, un questionnaire d'inclusion a été rempli par le médecin et un auto-questionnaire initial a été complété par les « patients ». Ces personnes ont été suivies pendant 12 mois avec des recueils réguliers de donnés selon le schéma en annexe.
Pour le bras « population générale », l'inclusion a été proposée à la cohorte participative GrippeNet.fr / Covidnet.fr et grâce à une campagne d'information via les réseaux sociaux menée par l'Inserm et l'ANRS-MIE. Les critères d'inclusion et d'exclusion étaient les mêmes. Pour s'assurer de la concordance avec la définition Covid long de l'OMS, un questionnaire reprenant les différents points de la définition était proposé en pré-inclusion. Seules les personnes éligibles ont été incluses. Un auto-questionnaire d'inclusion identique à celui du bras « médecine générale » était alors proposé.
Les inclusions ont été réalisées entre janvier 2022 et juin 2023.
Le suivi des participants s'est terminé en septembre 2025 : 246 personnes ont été incluses dans le bras médecine générale et 461 dans le bras population générale. Question 1 : Quelle est l'évolution de la sévérité du Covid Long en population générale suivie en soins primaires ?
Objectif principal : Décrire l'évolution de la sévérité des principaux symptômes.
Objectif secondaire : Identifier les facteurs associés à une évolution favorable.
Question 2 : Existe-t-il des groupes cohérents de recours aux soins ?
Objectif principal : Identifier des groupes cohérents de patients en fonction du recours aux soins déclarés.
Objectif secondaire : Décrire la corrélation entre l'appartenance à un profil de recours aux soins et l'évolution de la sévérité des symptômes.
Question 3: Quel est le coût et quelle est l'efficacité du recours aux soins non conventionnels dans le cadre du Covid long ?
Objectif principal : Décrire l'évolution des dépenses déclarées en soins non conventionnels pour les patients inclus
Objectifs secondaires :
- Identifier les soins non conventionnels les plus sollicités.
- Mesurer l'efficacité en rapport avec l'évolution de la qualité de vie et des symptômes
Le profil recherché
Médecin de premier recours avec expérience de soin ainsi qu'avec une valence universitaire lui permettant de dédier le temps nécessaire à la réalisation de ce travail.