Thèse Projet Pérénnis - Maintenance du Patrimoine Bâti H/F - Doctorat.Gouv.Fr

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Thèse Projet Pérénnis - Maintenance du Patrimoine Bâti H/F Doctorat.Gouv.Fr · Lyon 2e - 69 · CDD

Les missions du poste


Établissement : Université Lumière Lyon 2 École doctorale : ScSo - Sciences Sociales Laboratoire de recherche : EVS - Environnement Ville Société Direction de la thèse : Lydia COUDROY DE LILLE ORCID 0000000218842607 Début de la thèse : 2027-01-04 Date limite de candidature : 2026-11-27T23:59:59 Le patrimoine bâti fait face à des enjeux renouvelés dans le contexte des changements environnementaux, rendant nécessaire une sobriété matérielle (Barles et al., 2024). Celle-ci peut consister à éviter les processus de démolition-reconstruction en préservant l'existant. Cet objectif suppose de faire durer les bâtiments, d'un point de vue matériel par des actions et interventions ponctuelles et quotidiennes -, de l'entretien à la réhabilitation -, et d'un point de vue fonctionnel par d'éventuelles restaurations ou reconversions venant modifier les usages et leur fonctionnement, et
permettre de répondre aux objectifs de densification limitant l'étalement urbain. Le changement climatique complexifie encore cette perspective de vie longue des bâtiments en rendant nécessaire leur adaptation afin qu'ils restent habitables, par des interventions massives ou de nouvelles façons de faire au quotidien.
La thèse a pour objectif de documenter et comprendre les pratiques, professionnelles et des différents usagers, d'entretien des bâtiments, jugées garantes de leur pérennité et de leur adaptation par les soins (Denis et Pontille, 2022) accordés au cadre bâti. Le présupposé est que ces activités - réalisées par un gardien, des habitants, des entreprises spécialisées... - restent appréhendées comme des opérations techniques secondaires, alors même qu'elles reposent sur un ensemble de pratiques sociales, savoirs situés et dispositifs organisationnels qui conditionnent leur efficacité et leur soutenabilité (Strebel et al., 2022). La thèse s'intéressera à la continuité de soin assurée entre pratiques professionnelles, normes et savoir-faire techniques d'une part et « bricolage » et actions individuelles
d'autre part, continuité bien souvent invisibilisée et ignorée des pouvoirs publics. L'ambition est d'identifier les infrastructures sociales sous-jacentes aux pratiques (Desvaux, 2024) afin qu'elles puissent être soutenues par des politiques publiques dans le contexte de l'adaptation au changement climatique.

En croisant enjeux environnementaux, économiques et sociaux, le projet propose de considérer un objet peu étudié pour penser l'adaptation des villes au changement climatique : la maintenance des patrimoines techniques urbains. La maintenance est appréhendée comme une série d'actions techniques et comme un vecteur de transformation des pratiques urbaines et des savoirs. Nous interrogeons comment ces pratiques peuvent concilier pérennité du bâti et adaptation aux contraintes et opportunités contemporaines. Le projet souligne le rôle stratégique de la maintenance dans la transition écologique et questionnera les formes de savoir, de gouvernance et d'innovation qui la sous-tendent. Le secteur du bâtiment et des travaux publics constitue un point d'entrée majeur pour le défi climatique. Premier secteur consommateur d'énergie en France, il est responsable de 23 % des émissions nationales de GES et de 69 % de l'ensemble des déchets nationaux selon l'ADEME (2024).
Dans ce contexte, les stratégies de maintenance et d'entretien du patrimoine technique urbain constituent des leviers structurants pour une transition vers une économie bas carbone dans la mesure où les activités de la phase usage sont prédominantes dans ce bilan. La prolongation de la durée de vie des ouvrages et la prévention des opérations lourdes, notamment par la réparabilité, constituent des alternatives prometteuses pour réduire les impacts environnementaux. Né de la rencontre de recherches relatives aux infrastructures (Florentin, 2015), à la matérialité de la production urbaine (Desvaux, 2017 ; Mongeard, 2018) et à la low-tech (Tanguy, 2023), le projet explore les pratiques de maintenance dans le cadre de formes urbaines diverses. Les stratégies de maintenance s'inscrivent dans une logique de sobriété matérielle et énergétique et d'adaptation face au dérèglement climatique et ce en amont de rénovations lourdes, coûteuses en ressources et dépendantes de solutions technologiques complexes (Florentin, 2019). L'étude interrogera les acteurs impliqués, les politiques publiques qui encadrent les pratiques et la production et la circulation des savoirs relatifs à ce patrimoine. Une attention particulière sera portée aux différentes configurations : biens publics, privés, ouvrages de grande échelle, parfois avec des contraintes patrimoniales fortes. Articulant les échelles du bâtiment, des réseaux et de la région urbaine, nous souhaitons identifier les pratiques professionnelles et « habitantes » d'entretien ou de réparation réalisées afin de rendre visibles les adaptations nécessaires au contexte climatique et à un urbanisme low-tech moins vulnérable aux aléas extérieurs et aux effets de dépendance multiples (rupture d'approvisionnement, pénurie de ressources). Le projet examinera la coexistence de différents modes de maintenance - collaborative ou concurrentielle - à travers une attention portée à la place de technologies sophistiquées ou de pratiques low-tech. Cette approche croise les perspectives techniques, sociales et
organisationnelles en mobilisant des méthodologies issues des sciences de l'ingénieur et de l'environnement et des SHS et STS. La concomitance des thèses est pensée pour mener à leur articulation, l'adaptation des bâtiments et celle des réseaux étant directement liées.

Le profil recherché

Première inscription en thèse en 2026-2027
- Ne pas être inscrit en doctorat dans un autre établissement français/étranger d'enseignement
supérieur (hors cotutelle)
- Être titulaire d'un master ou d'un diplôme équivalent (Géographie, Aménagement et urbanisme,
Sciences politiques, Sociologie, Anthropologie, Architecture) et remplir les conditions d'éligibilité
fixées par l'école doctorale (cf. https://edsciencessociales.universite-lyon.fr)
- Maîtrise du française et de l'anglais obligatoire

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