Thèse Motifs de Décrochage Universitaire et Politiques Institutionnelles de Persévérance dans les Études H/F - Doctorat.Gouv.Fr
- Nantes - 44
- CDD
- Doctorat.Gouv.Fr
Les missions du poste
Établissement : Nantes Université École doctorale : École doctorale Education, Cognition, Langages, Interactions, Santé Laboratoire de recherche : CENTRE DE RECHERCHE EN EDUCATION DE NANTES Direction de la thèse : Christophe MICHAUT Date limite de candidature : 2026-05-30T00:00:00
La thèse vise à étudier les motifs de décrochage universitaire et les politiques institutionnelles mises en oeuvre par les universités dans la gestion du décrochage.
Espace équipé dans la salle des doctorants
Alors que les recherches sur le décrochage scolaire se sont fortement développées ces dernières années (pour une synthèse, cf. Bernard, 2024), il existe relativement peu de travaux sur le décrochage universitaire. Selon les dernières statistiques du SIES (Note n° 2025-29), plus d'un quart des néo-bacheliers de 2023 s'est réorienté dans une autre formation que la licence à la rentrée 2024 (10,8 %) ou ne s'est pas réinscrit dans l'enseignement supérieur (14,7 %). De surcroit, les taux de décrochage varient sensiblement selon les disciplines et les universités. Ces statistiques masquent toutefois les multiples raisons qui peuvent conduire une partie des étudiants à abandonner (ou à interrompre pour un certain temps) leurs études. Un premier volet de la thèse porte sur les motifs de décrochage universitaire . Les recherches ont désormais bien établi les facteurs individuels d'abandon des études (Menard, 2018 ; Behr et al. 2020 ; Aina et al. 2022) : si la scolarité antérieure est déterminante (Zaffran, 2025), l'intégration sociale et académique jouent un rôle important en suscitant l'engagement et la persévérance dans les études (Tinto, 2012 ; Bertaud, 2019). Au-delà des conditions socio-économiques amenant une partie des étudiants à abandonner les études, les raisons que peuvent exprimer les jeunes pour expliquer leur interruption sont peu connues. Les recherches récentes sur le décrochage scolaire ont déjà permis de catégoriser les motifs des élèves en distinguant des raisons internes au système scolaire (difficultés d'apprentissage, contenus de formations, relations avec les pairs et les enseignants, organisation pédagogique, orientation) et les raisons externes (projet professionnel, conditions matérielles pour suivre des études, problèmes personnels et de santé) (Bernard et Michaut, 2021). Il est probable qu'une partie de ces motifs sont également partagés par les étudiants. Le second volet de la thèse porte sur les politiques institutionnelles mises en oeuvre par les universités dans la gestion du décrochage . Très peu étudiée en France, cette gestion a fait l'objet de nombreuses recherches aux USA depuis 50 ans et en Europe (Michaut, 2023). Ainsi, les gouvernements nationaux et les établissements d'enseignement supérieur poursuivent des objectifs différents allant de la sélection à l'entrée jusqu'au maintien du plus grande nombre dans le cursus de formation. Pour atteindre ces objectifs, les décideurs appliquent divers instruments politiques. Ceux-ci peuvent être classées sous trois grandes rubriques politiques : les incitations financières ; l'information et le soutien aux étudiants; et l'organisation des formations. Ce sont ces deux dernières rubriques qu'il conviendra d'analyser dans le cadre de la thèse. Sur le plan méthodologique , la première année de la thèse sera consacrée à l'analyse documentaire des politiques des universités et à l'élaboration des outils de collecte des données (entretiens et questionnaires) auprès des sortants. D'une part, il s'agira d'établir les conditions qui ont conduit certaines universités à privilégier plutôt une politique « sélective » qu'une politique « inclusive » à partir de matériaux divers (données statistiques, compte-rendu de conseils, projets de formation des établissements, services dédiés, etc.). D'autre part, il conviendra de réaliser des entretiens exploratoires auprès d'une trentaine d'étudiants sortants de l'université de manière à pouvoir établir la liste des motifs de sortie à tester dans le cadre du questionnaire qui sera adressé en 2027. L'année 2 sera consacrée à la poursuite du travail de collecte des données. Il s'agira de mener une enquête originale auprès d'un échantillon conséquent (N>800) des sortants de Licence en veillant à couvrir tous les domaines de formation (SHS, Sciences et Technologie, Droit-Economie). L'année 3 sera dévolue à l'achèvement de l'analyse des données et à la rédaction de la thèse, ainsi qu'à sa valorisation par des productions écrites (2 articles) et des présentations publiques (colloques et conférences).